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esprit qui est en lui. Cette conception naïve et populaire de la maladie se rencontre jusque dans l'Évangile, où Ion sait la place que tiennent les histoires de possédés.
Les plus anciens textes bibliques présentent le sacrifice comme le moyen naturel et indispensable d'entrer en communication avec la divinité, soit pour lui rendre hommage, pour la remercier, pour mériter sa protection, soit pour expier les fautes commises envers elle et apaiser sa colère. Il s'agit de savoir comment le sacrifice a pu d'abord paraître si conforme à la nature des choses et si nécessaire. Admettant que la religion a uniquement son origine dans la peur, plusieurs ont pensé que le sacrifice n'a été primitivement qu'un expédient enfantin pour calmer ou prévenir le courroux des puissances supérieures en leur offrant des présents qui étaient censés devoir leur plaire. Cependant, de même que le sentiment religieux n'est pas fait seulement de crainte, mais aussi de confiance, et que la religion n'est pas une garantie prise contre le divin, mais un moyen de se l'approprier, ainsi le sacrifice n'a pas été une simple façon d'acheter des dieux un peu de sécurité, sans que l'idée de communion ait été associée à l'idée d'offrande. L'efficacité surnaturelle du sacrifice ne vient pas
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seulement de ce qu'il est un cadeau accepté par la divinité, mais aussi de ce qu*ii est un moyen de former, d'entretenir, de corroborer, de renouer le lien vivant qui unit un dieu à ses adorateurs. Les plus anciens sacrifices ne sont point un repas servi au dieu seul ; c'est un festin où le dieu a, comme il convient, la meilleure part, mais où il admet avec lui ses tidèies ; ce n'est pas seulement un hommage qui lui est rendu, c'est le sacrement «fticace de son alliance avec ses clients.
Il est vrai que, dans les temps historiques, lorsqu'lsraël est établi en Canaan, et que lahvé est devenu le seigneur du pays, l'ensemble des sacrifices et des oblations rituelles est conçu comme un tribut naturellement acquis à la divinité. Mais la participation ordinaire de T offrant, les conditions prescrites pour Tadmission au festin sacré, le caractère de sainteté qui s'attache aux choses offertes, spécialement aux victimes immolées, montrent bien que le sentiment de communion divine subsiste encore. Saint Paul raisonnait tout à fait d'après les idées antiques lorsqu'il écrivait i : « Le pain que nous rompons n'est-il pas la communion au corps du Christ 1 Car nous sommes ensemble un pain, un corps, puis-
i. I Cor. z, 16-2i«
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que nous avons part au même pain. Voyez Tlsraël selon la chair : ceux qui mangent les victimes ne sont-ils point participants de Tautel? » — L* Apôtre devrait dire : « les commeusaux.de Dieu » ; le respect de FÉternel impose ici une atténuation du principe sur lequel est fondé tout l'argument. — « Mais ce qu'immolent les Gentils est immolé aux démons, non à Dieu : vous ne pouvez pas boire la coupe du Seigneur avec la coupe des démons; vous ne pouvez avoir part à la table du Seigneur en même temps qu'à la table des démons. ))
Amos dit que les Israélites dans le désert n'offraient pas de sacrifices à lahvé i. Mais l'assertion est contredite par les plus anciennes légendes et par toutes les vraisemblances; elle prouve surtout que Ton n'avait pas connaissance, au temps de ce prophète, d'une législation mosaïque sur les sacrifices ; et elle est seulement fondée en ce que le régime des sacrifices, au viii* siècle avant notre ère, était, pour une bonne part, celui qu'Israël avait emprunté aux Cananéens, non celui que ses ancêtres nomades avaient jadis pratiqué. Certains récits paraissent accuser le souvenir vague d'une évolution. Ainsi la légende
i* Am. t^ 25«
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qui se rattachait à l'autel de lahvé-Shalôm, à Ophra, veut peut-être expliquer la substitution des holocaustes et des offrandes par le feu à la présentation d'aliments : Gédéon avait fait cuire un chevreau et l'apportait préparé au dieu, avec des pains sans levain ; lahvé lui fait déposer le tout sur la pierre sacrée, puis touche les mets avec son bâton; aussitôt la flamme jaillit du rocher, lès aliments disparaissent, et lahvé avec eux 1. On pourrait croire que l'ancienne coutume du lieu autorisait la présentation d'aliments cuits, en manière de sacrifice, et que la coutume Israélite aurait remplacé cette offrande par la combustion des victimes ou des parties de victimes qui étaient réservées à lahvé. Mais cette substitution ne s'est pas faite seulement en Israël, et il est resté dans le culte de lahvé quelque chose de l'usage primitif, puisque l'offrande quotidienne des pains dits de^ proposition s'est maintenue jusqu'à la destruction du second temple.
On conçoit que la manière de transmettre sa part au dieu ait varié avec l'idée qu'on s'est faite de la divinité. Le sang, comme fluide vital, a été de bonne heure l'aliment réservé au dieu-esprit, même quand il habitait dans une pierre, un arbre,
1« JuQ, VI, 17-24.
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OU un autre objet. D'ailleurs le sang, comme siège de la vie, était particulièrement sacré ; Ton se fit bientôt scrupule de le prendre. Les autres parties de la victime que Ton jugea, pour des motifs analogues, spécialement saintes et dignes du dieu, furent brûlées afin de lui être ofiertes dans la fumée. La métaphore biblique sur les sacrifices d'agréable odeur a été d'abord entendue à la lettre. C'est après avoir flairé l'odeur du sacrifice présenté par Noé que lahvé prend la résolution de ne plus faire de déluge 1. Les sacrifices n'auraient pas eu la moindre raison d'être comme oflrande, si l'on n'avait pensé qu'ils apportaient quelque bien à la divinité; et la part que prenaient les fidèles à l'immolation de la victime en s'en nourrissant aurait été sans objet si elle n'avait dû leur procurer le bénéfice d'une union plus intime avec leur dieu.
Ce qui rend malaisée la recherche des idées qui ont présidé à l'institution des sacrifices est la complexité mêine de l'institution, dont tous les éléments n'ont pas la même origine et ne procèdent pas de la même conception. 11 est difficile de dire si l'idée du sacrifice d'oblation est antérieure ou postérieure à l'idée du sacrifice de communion,