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Israélite, au moins jusqu^au temps de Teicil. C'était la fête du mois nouveau ; elle a eu d'aborrd pour objet de célébrer la réapparition de la lune ; elle remonte sans doute à Tépoque de la vie nomade, et elle était empreinte d'un caractère naturaliste qu'elle a progressivement dépouillé.
Les fêtes, beaucoup plus connues, de la Pâque, de la Pentecôte, des Tentes ou Tabernacles, qui sont devenues les solennités commémoratives de l'exode, de la promulgation de la Loi, du séjour au désert, ont eu d'abord un autre sens. La fête de la Pâque avait acquis sa signiQcation traditionnelle avant la captivité; l'explicaliOn historique des deux autres fêtes est moins ancienne. Le rituel de toutes les trois montre qu'elles ont été originairement en rapport avec le cours de la nature, de la végétation, et la croissance des troupeaux. Ainsi la Pâque est la fête du printemps et du renouveau; la Pentecôte est la fêle de •la moisson ; la fête des Tabernacles est la fête de la récolte des fruits et de la vendange. L'interprétation spirituelle est venue après coup.
L'immolation de l'agneau pascal, rite qui tranche si nettement sur l'économie ordinaire des sacrifices dans le code lévitique, est le sacrifice de famille pour la nouvelle année. C'était le temps où naissaient les agneaux. La victime, un
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agneau ou un chevreau du dernier printemps, se trouvait à point pour inaugurer le nouvel an. Le sang sur la porte marquait maintenant la consécration du domicile et de toute la famille, des biens et des personnes. La loi défend de manger l'agneau sans le faire cuire, et de broyer ses os, tout en prescrivant de le manger tout entier en un seul repas ; peut-ôtie parce que, à une époque plus ancienne, la victime était mangée crue, avec les os broyés. Dans l'ensemble, cette pratique doit remonter au temps où les ancêtres d'Israël menaient la vie de pasteurs nomades. C'est un sacrifice de communion, sans lien spécial avec le culte de lahvé, mais qui pourrait avoir été primitivement en rapport avec le culte des esprits, sans tenir pour cela du totémisme, auquel on a voulu parfois le rattacher.
La fête des Azymes, qui durait sept jours, a été d'abord distincte du sacrifice de l'agneau pascal. Elle appartient, comme la Pentecôte et les Tabernacles, au système de fêtes agricoles qu'Israël a empruntées aux Cananéens. C'était la fête des pains nouveaux, et elle consacrait le début de la moisson, comme la Pentecôte en consacrait la fin. L'usage des pains sans levain, seuls admis par la liturgie mosaïque, est expliqué dans les anciens textes par une circonstance fortuite de la
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sortie d'Egypte : la farine emportée dans les pétrins, sans avoir eu le temps de fermenter i. Mais un principe général exclut des sacrifices tout produit fermenté, comme étant corrompu et rejeté par la divinité. En ce qui regarde spécialement le pain, la Bible laisse entendre que, dans les temps anciens, le pain se faisait cuire non fermenté, sous la cendre : la coutume religieuse, essentiellement conservatrice, aura retenu comme un rite sacré ce qui avait été jadis F usage commun.
En hébreu, le mot qui signifie « fête » (chag) a étymologiquement le sens de « danse », la fête étant désignée par Télément le plus apparent de la solennité primitive, la danse sacrée, la marche rythmée, accompagnée de cris ou de chants, exécutée autour de l'autel ou du lieu de l'immolation pendant que Ton préparait et égorgeait les victimes. On dansait encore autour de Tarche de Silo, et David dansait aussi devant l'arche quand il l'amena sur le mont Sion 2 . Le repas sacrificiel couronnait la fête.
Si l'on veut bien comprendre la signification de l'arche dite d'alliance, il faut lire le curieux récit de l'Exode 3 où lahvé, sur le Horeb, fait savoir à