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Moïse qu'A né veuipas quitter la montagne sainte pour accompagner Israël. Moïse déclare qu'il ne se charge pas de conduire le peuplé si lahvé ne consent à venir avec lui. Et lahvé se rend au désir de Moïse. Le « nom » de lahvé était sur Tarche, c'est-à-dire sa présence personnelle, bien qu'invisible, et, comme « l'ange de lahvé », qui, dans le9 anciens textes, désigne parfois l'apparition sensible du dieu, il constitue, relativement au séjour de lahvé sur le Sinaî, une sorte de bilocation qu'il ne faut pas discuter au point de vue d'une théologie plus raffinée. La présence continuelle de lahvé dans l'arche n'était pas conçue autrement que celle des dieux païens dans leurs images et dans les barques sacrées ou les tabernacles qui contenaient ces images. Cette présence pourrait même avoir été attachée aux deux pierres qui, d'après les anciens récits, étaient les seuls objets renfermés dans l'arche ; sinon il faudrait l'attacher au coffre lui-même. Les pierres sacrées auraient été plus tard transformées par la légende en tables de la Loi. L'atmosphère de terreur qui environnait l'arche est encore un trait païen où se manifestent la localisation presque matérielle de la présence divine, et le caractère pour ainsi dire physique de la sainteté de lahvé) outragée par un contact ou même un
lia LA RBLIOION D*ISmAfiL
regard de rhomme sur le cofire du dieu. Lorsqu'on transportait Tarche, on croyait transporter aussi lahvé. On conduisait Tarche dans les combats pour s'assurer la pi'otection immédiate du dieu d'Israël?
Ces expéditions ne furent pas toujours heureuses. On racontait que lahvé avait été pris une fois par les Philistins, mais qu'il avait joué de si mauvais tours à Dagon, le dieu d'Asdod, dans le temple duquel on l'avait mis, et qu'il avait accablé les Philistins de tels fléaux, qu'on avait été obligé de le renvoyer l . L'arche serait ainsi revenue, et, après diverses péripéties, aurait pu être anienée à Jérusalem par David, puis installée dans le temple de Salomon. Depuis ce temps, on perd sa trace, et l'on ne sait pas si elle périt avec le temple, en 586, ou si elle avait déjà disparu auparavant.
On pourrait douter que l'arche ait accompagné les Israélites depuis le désert. Ce meuble sacré ne convient pas tout à fait à un culte de nomades. La tradition qui rattache Moïse au lieu saint de Cadès paraît ignorer l'arche, et connaître seulement une tente avec l'oracle de lahvé, peutêtre le bâton magique, mais plus probable^
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LES ORÎGiNBS Ht
inent le fameux oracle des sorts, Véphod avec Vurim et le tummim, que Moïse faisait parler. On a supposé que Tarche était le palladium des tribus de Joseph, et qu'elle pourrait avoir appartenu d'abord à un dieu cananéen. Il a dû exister, à, Sichem, une arche où Ton disait qu'avaient été les ossements de Joseph, rapportés d'Egypte 1 . Cette archen' avait sans doute jamais contenu d'ossements, et il n'est pas sûr non plus qu'elle fût venue d'Egypte jamais, si elle avait appartenu à un dieu cananéen de la végétation, qui mourait et ressuscitait tous les ans, comme Adonis, elle pouvait passer à la fois pour la demeure et le cercueil du dieu. N'aurait-elle pas été le séjour du patron de Sichem, El ou Baal-berith, le dieu du pacte, et n*aurait-elle pas été attribuée à lahvé quand le dieu de Sichem fut identifié au dieu d'Israël, puis transportée à Silo? Toujours est-il qu'elle apparaît d'abord comme un véritable fétiche, aussi vénérée et redoutée qu'une image divine.
Un point moins remarqué d'ordinaire que les précédents, et qui rapproche aussi l'ancienne religion Israélite des cultes primitifs, même de la magie, est le pouvoir attribué à certaines for-