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LE lAHVISTtfE ANCTÏÎN riî5
de la vie sociale en Canaan, pourrait ne s'être développé qu'après la conquête.
On lui attribue au même titre la volonté du bien et celle du mal , même du mal moral . Plus une catastrophe est épouvantable, et mieux on y reconnaît son intervention. On trouve naturel qu'il extermine en une seule nuit tous les premiers-nés des Égyptiens : c'est le passage de lahvé. La peste et les maladies sont son œuvre, comme elles étaient celle des esprits. Il aveugle où il rend fous ceux qu'il veut perdre. Il provoque le crime qu'il punira. Comme on attribuait aux esprits tout transport violent de l'âme, bon ou mauvais, toute aptitude éminente ou tout dérangement de l'intelligence, on les attribue à lahvé, qui se trouve être ainsi le bon et le mauvais génie de ses sujets. C'est le bon génie qui l'emporte ; mais il faudra encore beaucoup de temps avant qu'on célèbre surtout sa miséricorde et que Ton se repose en toute confiance à l'ombre de ses ailes.
On peut donc supposer que des tribus plus ou moins apparentées, et qui, dans leurs pérégrinations antérieures, avaient connu le dieu du Sinaï, se trouvaient, au temps de Moïse, partie aux environs de Cadès, dans le désert au sud de la Palestine, partie en Egypte, au pays de Goshen. Ces dernières devaient être celles qu'on appela
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plus tard les tribus de Joseph, les enfants de Rachel ; les autres étaient celles qu'on appela enfants de Lia, et d'abord Lévi, les clans de Siméon et ceux d'où sortit Juda. Les tribus d'Egypte, voulant reconquérir leur liberté, se seront concertées avec les tribus du désert, et Moïse, prêtre de lahvé, qui était dieu de Lévi, aura été le guide des tribus fugitives et les aura conduites auprès de ses frères. Reconnaissantes à lahvé, qui les avait sauvées par son serviteur, peut-être dans des circonstances extraordinaires et non sans périls heureusement surmontés, elles seraient entrées par un pacte solennel dans une fédération conclue sous le nom du grand dieu de Gadès et du Sinai.
Un acte de ce genre pourrait expliquer la solidité du lien religieux qui ne cessa pas d'unir les tribus, nonobstant les séparations ultérieures et les divisions politiques qui se produisirent plus tard. Mais l'objet du pacte n'avait rien de mystique ; car il ne paraît pas ïlvoir été conclu seulement à raison de l'exode accompli, mais en vue de la défense contre d'autres tribus, étrangères au culte de lahvé, notamment contre Amalec, et peut-être aussi en vue de l'invasion de Canaan, qui commença bientôt. La conquête, en effet, se poursuivit au nom de lahvé, qu'on dirait
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avoir été [le véritable chef des expéditions guerrières ; quand elles seront entrées en Canaan, c'est toujours sous Finvocation et la protection de lahvé que les tribus dispersées se rassembleront pour faire face à un péril commun. Les guerres de lahçé, tel était le titre d'un des plus anciens livres qui aient été écrits en Israël,
lahvé, comme dieu d'Israël, a eu ses interprètes attitrés, ses prêtres, ses voyants. Moïse est le premier d'entre eux. Les familles sacerdotales qui desservirent plus tard les sanctuaires de Silo et de Dan prétendaient descendre de lui. Pas un des recueils de prescriptions qui sont entrés dans le Pentateuque ne peut lui être attribué : tous concernent Israël établi en Canaan. Moïse pourtant semble avoir fondé la thora, l'enseignement de lahvé, parce qu'il rendait en son nom des réponses concernant le droit et la justice. Ces réponses lui étaient dictées par l'oracle qui était gardé dans la tente installée près de la source sacrée de Meriba, à Cadès. Le nom même de Meriba signifie « contestation ». Le nom de Massa, localité voisine de Meriba, signifie « épreuve », et pourrait avoir aussi quelque rapport avec ce tribunal primitif, qui n'ignorait certainement pas les ordalies. Et le vocable divin, lahifénissi, qui appartient au même groupe
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d'institutions, pourrait avoir une signiiiécitiôh analogue l.
Moïse figure dans un récit ancien, concernant la bataille de Raphidim, qui pourrait avoir été emprunté aux Guerres de lafn^é. Là il n'apparaît pas en chef militaire, ce que sans doute il ne fut jamais, mais en prêtre magicien. Pendant qu'Israël, conduit par Josué, se battait contre Amalec, Moïse était sur la colline « avec le bâton de Dieu en sa main ». « Et tant que Moïse avait les bras levés, Israël avait le dessus ; mais, quand il les laissait tomber, Amalec l'emportait. » On le soutint jusqu'au soir, et Israël eut victoire complète 2.
Accompagnait-il encore les tribus qui se présentèrent au bord du Jourdain, pour envabir lia terre de Canaan par Test? L'absence de témoignage sur le lieu de son tombeau est alléguée en sens contraire. Mais les textes sur ce point sont plutôt équivoques et contradictoires. On lit, à la fin du Deutéronome 3, que Moïse fut enterré près de Beth-Peor, mais que le lieu de sa sépulture n'est pas connu. La première indication est assez
1. Nisii pourrait se rattacher au même racliéal qtie Maséa» La Bible indique une autre étymologie; siipr. p. 82, n9 1.