‹ La religion d'IsraëlChapitre 25 sur 62 · Mal. n · texte numérisé non relu

Mal. n

LE lAHVTSME ANCIEN l5l

là aux personnages qui ont porté depuis le nom « de prophète » {nabi). En réalité, ce ne so^t pas seulement deux noms qui ont servi l'un après l'autre à signifier une même fonction, mais ces noms ont désigné d'abord deux catégories de personnes. Samuel fut un voyant ; mais des prophètes sont mentionnés dans sa légende, et ce sont des enthousiastes, on pourrait dire des possédés de la divinité, qui font profession de l'être et qui ne sont pas autre chose. A cette époque, le type du prophète Israélite, tel qu'il se réalise dans Amos et ses successeurs, n'est pas encore formé. Les prophètes du viii*' siècle tiennent encore du devin, mais il n'ont rien du prêtre.

SanjLuel tient de l'un et de l'autre. Les prophètes de son temps ne tiennent, à ce qu'il semble, ni de l'un ni de l'autre, bien qu'ils soient les hommes de lahvé. Pendant la période qui va de Samuel à Elisée, voyants et prophètes se seront rapprochés au point de se confondre dans la personne même du disciple d'Élie. Mais ce que Renan appelle le corybantisme des prophètes se sera fort atténué. Les prophètes sont devenus voyants, car ils ont cessé d'être hors de raison, et ils reçoivent dans leurs visions les communications de lahvé ; et les voyants d'autrefois ont pris jusqu'à un certain point les allures des prophètes, plus ex-

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traord inaires et singulières que celles de Samuel dans les anciens récits.

Le voyant doit être antérieur au iahvisme. Il s*occupait de maintes choses qui n'avaient pas de rapport direct avec lahvé et sa conduite sur Israël. On pouvait le consulter pour des bêtes égarées aussi bien que pour des affaires d'intérêt général. Balaam est un voyant, et il ne procède pas de la tradition israélite : Israël connaissait des voyants chez les peuples voisins. Le voyant est plutôt le devin qui parle au nom de la divinité, d'après tels indices ou telle vision intérieure, que l'homme inspiré, si l'on entend par là l'extatique et le « corybante ». Ainsi les anciens prophètes israélites, comme Débora et Samuel, furent des voyants ; ils ont fait suite à Moïse et rendu des oracles au nom de lahvé. Ils pouvaient, à l'occasion, prononcer des bénédictions et des malédictions efficaces, comme Balaam ; car ils étaient aussi quelque peu sorciers. Quand Débora, au nom de lahvé, veut envoyer Barac contre Sisara, Barac refuse de marcher si la voyante ne vient pas avec lui : « Eh bien! dit elle, j*irai avec toi, mais la gloire ne sera pas pour toi dans l'affaire que tu entreprends; c'est aux mains d'une femme que lahvé livrera Sisara 1. »

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