JuG, IV
LE lAHVISMB ANCIEN l53
On admet volontiers que le nabi n'a paru qu'au temps de la conquête et par Tinfluence de Canaan; et Ton observe que, d'après la légende d'Élîe, Baal aurait eu de ces inspirés. Mais quand même le témoignage serait incontestable, il ne s'ensuivrait pas qu'Israël n'ait pas eu de nabis longtemps avant l'époque de Samuel, et que le iahvisme ne les ait produits spontanément. Amos, qui se défend d'être nabi ou fils, c'est-à-dire dis-eiple de nabi, attribue sans hésiter l'institution des prophètes à lahvé, comme celle des nazirs 1. Le nabi portait un costume de poil, et ce pourrait être un souvenir du désert ; il était tout à lahvé comme lé nazir, et les deux pourraient donc être nés dans le iahvisme.
Les anciens nazirs semblent avoir été des possédés de lahvé pour la guerre sainte ; ils laissaient croître leurs cheveux et ne buvaient aucune boisson enivrante. Il y avait des nazirs à perpétuité, par vœu des parents. Plus tard, le nazirat devint une forme d'ascétisme, acceptée à temps, comme œuvre de piété. Par un caprice de la légende, l'idéal du nazir, champion d'Israël et de son dieu, est allé s'associer à l'histoire plus ou moins mythologique de Samson.