Os. IX
Ija LA RELIGION D ISRAËL
contaminés comme le pain qui sert au repas des funérailles; ils ne sont pas saints*, mais impurs, comme tout ce qui est aux esprits.
Ces croyants absolus sont des esprits calmes en comparaison des nabis extravagants d'autrefois. Ils portent néanmoins le même nom, et ils ont le même costume. Ce sont toujours des visionnaires, qui prennent pour des révélations de lahvé les idées qui se lèvent dans leur esprit. Leurs actions symboliques témoignent encore d'une grande exaltation. Isaïe se promène sans vêtement ni chaussures dans les rues de Jérusalem, comme un prisonnier de guerre, pour signiQer le sort qui attend ceux qui voudront résister au roi d'Assur. Jérémie porte un joug sur les épaules afin de marquer la nécessité d'obéir au roi de Babylone : un autre prophète lui enlève son joug et le brise pour annoncer la délivrance. Ezéchiel ira plus loin encore ; mais il appartient à la décadence du prophétisme, et beaucoup de ses actions figuratives ne sont probablement que du symbolisme écrit. Il est à noter que le personnel du temple de Jérusalem, à l'époque de Jérémie et sans doute longtemps auparavant, comprenait des surveillants spéciaux pour les prophètes, et qu'il y avait, dans les dépendances du sanctuaire, une prison où l'on mettait aux ceps les nabis turbulents. Cela
LB PROPHÉTISME IjS
semblait tout naturel, et Jérémie lui-même connut cette prison i.
Les premiers prophètes qu on appelle écrivains sont tout autre chose que des littérateurs. Leurs oracles sont encore un enseignement verbal , comme la thora des prêtres ; mais ils sont ordinairement rythmés en forme de brève déclamation. Les prophètes ne songent guère à écrire que quand leur prédication n* est pas écoutée ou qu elle est entravée. Ainsi Jérémie, après plus de vingt années de ministère, dicte à Baruch la série des prédictions menaçantes par lui prononcées depuis le commencement, et il envoie son disciple les lire dans le temple, afin de produire plus d^eflet que par une seule prophétie. La lecture fit sensation, mais les gens du roi saisirent le livre, et Joachim le brûla. Jérémie dut recommencer sa dictée, mais il ne fit pas recommencer la lecture 2. En général, ce sont les disciples des prophètes qui recueillent les prédictions de ceux-ci, pour qu*on puisse en vérifier l'exactitude par l'événement.
Rien n'étant impossible à la foi, cette exactitude, presque toujours démentie par les faits, n'a pas laissé d'être admise par la tradition juive et