‹ La religion d'IsraëlChapitre 37 sur 62 · Smbnd · texte numérisé non relu

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Rason, roi de Damas, et de Phacée, roi d'Israël, D'après le sens commun, le royaume ne peut se sauver que par la protection d'Assur et en se rendant; tributaire de Téglath-Phalasar. Isaïe ne veut pas qu'on ait recours à lui. Par ordre de lahvé, il se rend, avec « Le-reste-re viendra », au devant d'Achaz, et l'assure que ses ennemis ne pourront rien contre lui. Comme garantie de la parole divine, il offre au roi le choix d'un miracle à son gré. Aehaz, dont le parti était pris, et qui avait peur de voir le miracle, se dérobe assez habilement, disant qu'il ne veut pas tenter lahvé. Colère du prophète, qui annonce, avec la ruine prochaine de Damas et d'Israël, la désolation de Juda. La sage politique d'Achaz ayant porté ses fruits, et la menace étant restée sans effet par rapport au royaume judéen, Isaïe prêche la soumission att roi d'Assur et combat les projets d'alliance égyp-». tienne que l'on forme plus tard pour se rendre indépendant. lahvé lui-même détruirait le roi d'Assur après que sim peuple aurait été suffisamment châtié. Ézéchias, allié à l'Egypte^ s'est définitivement révolté contre Sennachérib. Isaïe le blâme de vouloir se sauver par la force des hommes ; il crie qu'on va à un désastre, mais il proclame que Jérusalem et le temple ne périront pas :

lE prophétïsMe i8i

Malheur à ceux qui vont chercher

Du secours en Egypte ; Qui regai*dent vers les chevaux

Et vers les chars, parce qu'ils sont nombreux; Qui mettent leur confiance dans les cavaliers,

Parce qu'ils sont très forts ; Et qui ne regardent pas vers le Saint d'Israël,

Qui n'interrogent pas lahvé !. ; .

Cependant l'Egypte est homme et non dieu,

Ses chevaux sont chair et -non esprit.

Que lahvé étende sa main,

Le protecteur s'effondre et le protégé tombe. . . Assur périra par une épée qui n'est pas de l'homme,

Un glaive qui n'est pas d'un mortel le dévorera... Parole de lahvé, qui a un feu à Sion,

Une fournaise à Jérusalem i.

Or, il se trouve que Sennachérib vainqueur, et n'ayant plus qu'à prendre Jérusalem, est obligé de retourner dans son pays, sans s'être emparé de la ville, et en se contentant d'uu tribut qui semble avoir été fidèlement payé jusqu'aux derniers temps de l'empire assyrien.

Pour une fois, l'événement avait confirmé la prophétie, et il est possible que ce soit après la délivrance de Jérusalem, et sous l'impression de l'oracle accompli, qu^ait eu lieu la réforme reli-

1» Is. XXXI, i, 3, 8, 9. Il s'agit, en dernier lieu, du feu des sacrifices. Cf. xxx, 33, infr. ciL p. 188.

iSa LA RELIGION d'iSRAÎsL

gieuse attribuée à Ézéchias par le livre des Rois. Pas n*est besoin de se demander ce qui serait advenu si Jérasalem avait été détruite en 701. Une prophétie aurait toujours été réalisée, puisque Michée, prophète contemporain dlsaïe, avait dit :

Sien deviendra un champ labouré,

Jérusalem sera un monceau de ruines,

Et la colline du temple une hauteur boisée 1.

Mais si Michée avait eu raison, le iahvisme de Juda n'aurait ,peut-être pas laissé plus de trace dans rhistoire que celui d'Israël. Toujours est-il qu'Ézéchias entreprit, à ce qu'il semble, de réformer le culte selon le vœu des prophètes.

On ne saurait dire avec certitude quel fut l'objet de cette réforme, les récits qui nous en ont été conservés n'étant pas contemporains. Peut-être le roi voulut-il réellement faire, avec moins de rigueur dans l'exécution, ce que fit plus tard Josias : détruire l'idolâtrie, centraliser le culte judéen à Jérusalem. Mais il est bon d'observer que, si la réforme eut lieu aussitôt après la délivrance de la ville, en 701, Ezéchias ne possédait plus que sa capitale; et Ton ignore quand et comment les

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