‹ La religion d'IsraëlChapitre 38 sur 62 · MicH. m · texte numérisé non relu

MicH. m

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villes prises par les Assyriens lui furent restituées. Le trait le plus certain et le plus caractéristique de cette épuration du culte est la destruction du serpent d'airain, que l'on n'avait pas cessé d'adorer dans le temple.' La guerre avait donc été (Jéclarée aux images divines.

Le mouvement n'eut pas de consistance, peutêtre parce qu'on n'avait pas imaginé une consécration assez haute du nouvel élat de choses. La réforme ne paraît pas s'être autorisée d'un texte traditionnel ayant une autorité indiscutable, ni s'être résumée après coup dans une Loi que les prophètes auraient présentée comme l'expression de la volonté divine. Ce fut l'œuvre personnelle d'Ézéekias et de ses conseillers spirituels ; elle tomba avec le roi qui l'avait soutenue, et la tendance polythéiste qui s'était déjà quelque peu manifestée sous Achaz, peut-être par suite des relations avec l'Assyrie, reparut et triompha politiquement sous Manassé.

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Gomme la domination assyrienne allait s'affermissent, la toute-puissance de lahvé ne parut plus aussi clairement démontrée. Pour la première fois probablement, le polythéisme s'introduisit dans le temple de Sion. Manassé y fit admettre le culte des astres à Tinstar de l'Assyrie, et spécialement le char de Shamash, le dieu-solëil ; il osa mettre à côté de lahvé « la reine des cieux». Le peuple s'associait volontiers à ces nouveautés : sur les toits de la capitale, on érigeait des autels aux dieux du firmament. Cette invasion des cultes assyriens ne devait pas tenir uniquement au goût personnel du roi, mais aussi à la situation politique du royaume, plus étroitement assujetti aux rois Asarhaddon et Ashurbanipal, longtemps maîtres de l'Egypte, qu'il n'avait pu l'être à Téglath-Phalasar, à Sargon et à Sennachérib.

L'Assyrie pénétrait à Jérusalem avec ses armées, sa civilisation et ses dieux : Manassé et son peuple servaient ces nouveaux maîtres, ceux de la terre

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et ceux du ciel. On ne sait pas comment ie ctdte de ces dieux étrangers se conciliait avec celui de lahvé, qui restait dieu national. Peut-être se forma-t-il une sorte de hiérarchie locale où làhvé gardait le premier rang, et qui n'aurait pas été sans influence sur les idées de Tâge suivant, où les dieux étrangers deviennent des esprits célestes, déléguées par lahvé au gouvernement des peuples. Les traditions de Canaan n'étaient pas négligées. L'immolation des premiers-nés était une coutume régulièrement suivie. S'il faut en croire les 'prophètes, les sacrifices étaient faits à Mélek. Mais les mêmes prophètes laissent entendre que ceux qui se livraient à cette pratique croyaient honorer lahvé. Certains critiques ne veulent pas admettre l'ancienneté de cette coutume en Israël, et quelques-uns même contestent ce que le livre des Rois raconte d' Achaz, qui aurait sacrifié l'aîné de ses enfants. Mais l'antiquité Israélite n'avait pas notre façon d'estimer la vie humaine ; elle comprenait autrement et le droit des parents sur leurs enfants, et les moyens d'honorer la divinité. Les textes n'engagent pas à restreindre l'extension d'un usage en soi abominable, mais pas plus absurde que le sacrifice du bétail. Jérémie se croit obligé de dire que lahvé n'a jamais demandé qu'on érigeât le topheth dans la vallée de Hinnom,

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lieu consacré au sacrifice des enfants par le feu l ; donc ce culte concernait le dieu d'Israël. Ézéchiel paraît contredire Jérémie, mais il est plus exact quand il fait dire à lahvé lui-même :

Je leur ai donné des lois qui n*étaient pas bonnes,

Et des règlements pour les empêcher de vivre;

Je les ai souillés par leurs ofTrandes,

£n leur faisant brûler chaque premier-né :

C'était pour les détruire,

Afin qu'ils connussent que je suis lahvé 2.

Une exégèse complaisante peut dire que le prophète parle selon l'opinion de ses lecteurs, touchant Tobligation de tels sncrifices ; mais c'est bien de lui-même qu'il apprécie la coutume comme mauvaise, et qu'il l'attribue à lahvé en cette qualité. La précision de son langage invite même à supposer l'existence d'un texte de Loi, d'une formule traditionnelle sur le sujet. Et ce texte existe. On lit, au Livre de l'alliance : « Tu apporteras sans retard les prémices de ton aire et de ton pressoir ; tu me donneras le premier-né de tes fils ; tu feras de même pour ta vache et pour ta brebis ; il sera sept joui*s avec sa mère ; le

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