Ez. XX
LE PROPHETISME 187
huitième jour tu me le donneras i. » Le texte est clair, et rassiiuilalion avec les premiers-nés du troupeau suffisamment éloquente. Certes, les compilateurs du Pentateuque interprétaient cette prescription par d'autres, où il est question de rachat ; mais le texte en lui-même ne prévoit pas cette substitution, et Ton peut dire qu il l'exclut. La formule de l'ancien décalogue, cité plus haut : (( Tout premier-né m'appartient 2 », a originairement le même sens, et le glossateur de ce passage l'entend indistinctement des hommes et des bêtes, mais il a soin de marquer l'obligation du rachat pour les hommes.
Il est à noter que la combinaison du rachat ou de l'offrande substituée ne pouvait naître qu'en des esprits à qui l'idée de l'immolation était familière et comme naturelle. Rien ne sert de dire qu'on a systématiquement étendu à l'homme, par manière de redevance, la règle qui était admise pour les produits du bétail. 1/ assimilation même dénonce une mentalité encore très proche de celle des gens qui trouvaient tout aussi nécessaire et croyaient tout aussi expédient de sacrifier à lahvé leur premier enfant que de lui offrir le premier-né de leur vache ou de leur chèvre.
i. Ex. XXII. 28-29. Cf. supra, p. 89.