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ment les indications et extraits qui pouvaient s'adapter à leur but d'édification. Le premier essor de la littérature religieuse se place, à ce qu'il semble, au ix° siècle, époque à laquelle on rapporte les plus anciens textes qui sont entrés dans la composition de l'Hexateuque (Pentateuque et Josué), à savoir les histoires dites iahçiste et élohiste.
Celte désignation des sources s'est faite d'après les noms divins qui. y sont employés. L'histoire . iahviste commence à la création du monde, et, dès l'abord, se sert du nom de lahvé comme nom propre de Dieu, supposant que ce nom a été connu dès l'origine de l'humanité. L'histoire élohiste ne commençait qu'avec Abraham, l'ancêtre présumé du peuple hébreu, et elle supposait que le nom de lahvé, nom particulier du dieu d'Israël, avait été révélé seulement à Moïse, instituteur du peuple Israélite et fondateur de sa religion. Les deux histoires étaient des recueils de légendes concernant les origines du peuple hébreu et du culte par lui pratiqué. Elles ont pour fond commun le cycle des légendes patriarcales et le cycle des légendes mosaïques. Différent en apparence, l'objet des deux cycles est le même en réalité : de part et d'autre on veut expliquer t légitimer l'établissement des Israélites
LA RELIGION D ISUAKL
au pays de Canaan. Mais les légendes patriarcales figurent Israël dans des ancêtres mythiques, Abraham, Isaac et Jacob, sans presque tenir conipte Ju séjour des Hébreux en Egypte, tandis que les légendes mosaïques visent expressément la conquête de la Palestine, en prenant pour point âv départ la sortie d'Egypte. La légende de Joseph lait entre les deux cycles légendaires une transition qui en cache le parallélisme.
Ulnj^toire iahviste a un premier cycle de légendes concernant les origines de l'humanité : véritable mythologie, dont la provenance étrangère ne fait pas doute, bien que la tradition Israélite en ait corrigé le polythéisme, et qu'elle ait, dans une large mesure, adapté les récits àsoa propi^ génie. Le récit du déluge vient certainement de Chaldée, et l'on en a même retrouvé dans les textes cunéiformes une relation plus ancienne que celle du livre hébreu. Le rapport est moitis étroit entre Fhistoire iahviste de la création, avec celle du premier péché, et certains mythes babyloniens. Comme FinQuence de Babylone s est exercée sur la Palestine dès les temps les plus reculés, on ne saurait assigner une date précise k ces emprunts, qu'on n'est pas obligé de supposer directs ni du même temps que les textes qui eu l'ont foi.
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Il a été possible de discerner les sources iahviste et éloliiste, ainsi que les autres documents qui sont entrés dans le Pentateuque, et de les reconstituer dans une certaine mesure, parce que le travail de compilation a été conduit selon des procédés rudimentaires, en laissant aux divers éléments leur style particulier; qu'on n'a pas pris soin d'éviter toujours les doubles emplois, lorsque les textes présentaient des récits parallèles ; et qu'on n'était même pas déconcerté par les contradictions, quand elles n'étaient pas trop criantes. Ce qui n'empêche pas que l'artifice des sutures, des omissions volontaires et des gloses, des retouches rédactionnelles, ne rende incertaine l'attribution de nombreux détails.
Ces sources, d'ailleurs, ne sont pas des œuvres personnelles, mais déjà des recueils qui ont eu leur développement particulier avant d'être assemblés dans une rédaction commune. Ainsi l'on peut conjecturer à la base des documents iahviste et élohiste le travail d'un écrivain esquissant un premier cadre, combinant avec plus ou moins de liberté, rédigeant avec plus ou moins d'originalité les traditions légendaires, insérant dans son récit les vieux chants populaires et même d'autres pièces écrites qu'il pouvait avoir à sa disposition. Mais cette première ébauche n'aurait pas
cessé d'être complétée et remaniée par des personnes animées du même esprit que le premier rédacteur, et appartenant, si Ton peut dire, à son école. Il n'est pas probable que les histoires iahviste et éloliiste aient été tout-à-fait indépendantes Tune de l'autre; llHites les deux ont, avec certaines tendances particulières, un môme caractère religieux ; sur certains points l'histoire élohiste offre des traits plus archaïques; plusieurs néanmoins admettent la priorité de l'histoire iahviste et une certaine dépendance de l'histoire élohiste à l'égard de celle-ci ; l'histoire iahviste aurait été écrite en Juda, l'histoire élohiste en Israël ; à l'une et à l'autre se rattachaient des recueils de préceptes, premier noyau de la Loi.
Une Loi datée est celle qui fut trouvée dans le temple de Jérusalem, en 621 avant Jésus-Christ, sous le règne de Josias. Elle est conservée dans le Deutéronome. Tout porte à croire qu'elle avait été composée en vue de la réforme religieuse que sa découverte occasionna. Mais le texte primitif de ce document a été complété comme les autres, et retouché avant d'être compilé avec les histoires iahviste et élohiste, au temps de la captivité. C'est dans l'esprit du Deutéronome que se fit la rédaction des Juges, de Samuel et des Rois, où les textes anciens, légendes héroïques et pro-
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phétiques, extraits des annales et de Thistoire des rois, sont comme encadrés dans des consi« dérations théologiques et pieuses.
La grande Loi, principalement rituelle, qui remplit une partie de l'Exode, le Lévitique et la majeure partie des Nombres, comprend d'abord un recueil appelé par les critiques Loi de sainteté ^, qui a été rédigé pendant la captivité de Babylone; puis un document analogue, au moins pour le cadre, aux histoires iahviste et élohiste, l'histoire sacerdotale, qui, partant de la création du monde, allait jusqu'au partage de la Palestine entre les tribus par le ministère de Josué, sans s'arrêter aux vieilles légendes rassemblées dans les précédentes histoires saintes, mais en rattachant les principales institutions et coutumes religieuses aux moments essentiels du passé : le sabbat à la création de l'univers, l'abstinence du sang au déluge, la circoncision à Abraham, le système des sacrifices et la législation cultuelle à la révélation du Sinaï ; enfin des compléments ajoutés, selon le besoin ou l'opportunité, au code formé par l'histoire sacerdotale avec la Loi de sainteté. Plusieurs de ces compléments semblent postérieurs à la promulgation de la Loi sacerdo-