‹ La religion d'IsraëlChapitre 45 sur 62 · Jér. vu · texte numérisé non relu

Jér. vu

aïO LA RBLIOION d'iSRAEL

En réalité, pour assurer Tavenir du iahvisme, il ne suffisait pas de critiquer les abus du présent, d'après un idéal de religion pure. Les religions, dans riiistoire, ne sont pas des théories, ni des sentiments, ni des aspirations mystiques, mais des traditions de vie sociale que garantit la consécration du rite. Un esprit anime ces institutions ; mais ce sont les institutions qui donnent consistance à l'esprit et conservent son action dans le monde. L'on dit souvent que la religion des prophètes a été matérialisée, rétrécie et abaissée dans la Loi. A proprement parler, il n'exista jamais de religion des prophètes, — pas plus qu'il n'y a eu de religion de Jésus, — mais un immense effort pour relever le culte d'Israël vers un idéal de plus en plus parfait en ce qui regarde la croyance religieuse, la conscience morale et la justice sociale. En tant que cet effort tendait à se dégager de toute institution et à ne reconnaître d'autre loi que l'inspiration individuelle, il s'est perdu et ne pouvait que se perdre dans le vide. En tant qu'il a pu s'incarner dans l'institution, il a vécu et agi. Jérémie représente le pur esprit du iahvisme prophétiquç.

C'est la Loi écrite, qu'il dédaignait, qui a sauvé de son rêve généreux ce que le temps en pouvait Utiliser.

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