Job, III
aSo LA RELIGION d'iSRAÊL
en vint à se demander comment la justice pi-ovidentielle pouvait se démontrer par les faits ou seulement se concilier avec la réalité. Psaumes et livres sapientiaux témoignent que le grand scandale de Tépoque était le malheur des justes et la félicité des méchants. — Peut-être n'est-il pas inutile d'observer que l'on entend ici par justes, avant tout; les observateurs de la Loi, et de même par méchants non seulement les criminels de haut et de bas étage, mais aussi les gens trop larges d'idées et de pratique. — On fermait le plus qu'on pouvait les yeux à l'évidence, et Ton redisait avec les psalmistes :
J'ai été jeune, et me voici vieux, Jamais je n'ai vu un juste abandonné i.
On se répétait que la prospérité de l'impie est passagère» et que passagère aussi est la tribulation de l'homme pieux ; que celui-ci est béni après sa mort et dans sa postérité, l'autre maudit dans sa tombe et puni dans sa descendance. Mais tous les justes ne mouraient pas vieux, et certains mouraient dans l'adversité. Fallait-il donc soupçonner la sincérité de leur vertu et la réalité de leurs mérites?