‹ La religion dans HomèreChapitre 27 sur 64 · U., VII · texte numérisé non relu

U., VII

rendre à son père, le fougueux héros lui répondit par de violentes invectives. Il ajouta :

« Je le dis et j'en fais le solennel serment. Oui, par ce sceptre qui ne poussera plus de feuilles, ni de rameaux, depuis que dans les montagnes il a été séparé du tronc, et ne refleurira plus..., par ce sceptre que portent dans leurs mains les juges, interprètes des lois émanées de Jupiter, et c'est là un grand serment : un jour viendra où tous les Grecs regretteront Achille... » (i)

La bonne foi chez celui qui fait un serment ne suffit pas. Il faut l'appui du ciel, afin que le pouvoir égale le vouloir ; c'est ce qu'avait compris Ulysse, lorsqu'il priait Jupiter de réaliser les promesses d'Alcinoos (2).

A ce même Ulysse qui se méfiait d'elle, Calypsodit :

« Sache la terre, le vaste ciel qui est au-dessus, l'eau profonde du Styx, qui est le plus solennel, le plus redoutable serment pour les dieux bienheureux, que je ne te veux pas de mal. » (3)

Il fallut, pour tranquilliser le héros, qu'une déesse'^ confirmât elle-même sa parole par un serment.

Ulysse, qu'Eumée, le porcher, ne reconnaît point,

(2) Ocf., VII, 331.

(3) Id., V, 184.

lui affirme par serment que son maître n'est pas mort, et que même il ne tardera pas à rentrer dans Ithaque ; mais il s'aperçoit que sa parole ne lui inspire que de la méfiance.

« Ton cœur, lui dit-il, est incrédule dans ta poitrine, et malgré mes serments, je ne réussis pas à te convaincre. Mais allons ! faisons un pacte et que d'en haut ils soient nos témoins, à tous les deux, les dieux qui possèdent l'Olympe. » (i)

Précédemment, il lui avait déclaré, en employant une formule que nous retrouvons ailleurs :

« Il m'est odieux comme les portes de l'enfer^ celui qui cède à l'indigence et profère des mensonges. » (2)

Il avait ajouté :

« Sache Jupiter avant les (autres) dieux, la table hospitalière ainsi que le foyer d'Ulysse..., tout ceci s'accomplira comme je le dis. »

Il tenait le même langage, peu après, à Pénélope et à Philœtios qui ne le reconnaissaient pas non plus (3).

Déjà Théoclymène avait dit a Pénélope en se servant de la même formule :

« Sache Jupiter avant les (autres) dieux, la table

(1) Oc/., XIV, 391.

(2) IhuL. 156. — Cf. //., IX, 312.

(3) Od., XIX, 303 ; XX, 230.

hospitalière et le foyer d'Ulysse..., Ulysse est déjà sur le sol de sa patrie. » (i)

Télémaque jure par Jupiter et les souffrances de son père (2).

Phénix rappelait à Achille les malédictions que son père Amyntor avait jetées sur lui. Il ajouta :

« Les dieux ont accompli ces imprécations, ainsi que le Jupiter souterrain et la redoutable Proserpine. » (3)

Il est bien rare que Pluton soit désigné ainsi. Cette appellation lui est donnée en sa qualité de roi des enfers.

Après les malédictions d'un père, celles d'une mère. Athée maudit son fils Méléagre, en invoquant les dieux.

Elle frappait la terre des mains, en tombant à genoux, et conjurait Pluton et Proserpine de donner la mort à son enfant. Or Erinnys au cœur impitoyable l'entendit du fond de l'Erèbe (4).

(d) Orf., XVII, ibS.

" (2) Id., XX, 339.

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