II., IX
(4) Od., XXIV, 371.
(5) //., II, 169, 407. — Cf. OJ., XIX, 267.
Leur omniscience
Le poète s'excuse de ne pouvoir raconter tous les exploits de ses héros. C'est qu'un dieu seul peut tout dire (i), car seuls les dieux savent tout (2).
La divinité, qui peut tout dire, parce qu'elle sait tout, tait ce qu'elle veut (3).
Leur supériorité
Tout ce qui semblait dépasser la nature humaine était réputé divin. Le fleuve Xanthe disait au Simoïs, en réclamant son aide contre Achille: « Viens vite à mon secours... Arrêtons cet homme farouche qui exerce maintenant sa violence et veut égaler les dieux (4). »
Ulysse comparaît la voix de Démodocos à celle des dieux (5). Ceux-ci composèrent un chant en l'honneur de Pénélope et le transmirent aux aèdes, pour éterniser la mémoire de cette femme vertueuse (6).
(2) Oc/., IV, 378. —Cf. id., II, 211 ; XIV, 119.
(3) Cf. Od., III, 88.
(4) 7/., XXI, 3io.
(b) Od., IX, 4.
(6) Od., XXIV, 197.
La présence des dieux se révélait par une lumière extraordinaire. Un passage curieux nous montre Minerve éclairant avec une lampe d'or Ulysse et Télémaque, occupés à transporter des armes hors de la vue des prétendants qu'ils vont combattre.
Télémaque, émerveillé, s'écrie : « O mon père, voici un grand prodige que j'aperçois ! Les murs des salles, les belles poutres, les solives de sapin, les hautes colonnes brillent à mes yeux comme un brasier. Certainement, un dieu est ici, de ceux qui habitent l'Olympe. — Paix! répond Ulysse..., et ne m'interroge pas. Oui, c'est la coutume des dieux (de manifester ainsi leur présence) (i). »
Il va de soi qu'on leur attribuait tout ce qu'il y avait de meilleur, de plus parfait. Dolon disait à Ulysse et à Diomède, en parlant des armes de Rhésos, roi des Thraces. « Ces armes d'or, merveilleuses à voir, ce n'est point par des hommes sujets à la mort qu'elles devraient être portées, mais par des dieux (2). »
De même, on leur réservait les plus grands hommages et c'était par métaphore qu'Ulysse, pour décider Achille à renoncer à sa colère, lui disait que les Grecs l'honoreraient comme un dieu (3).
(1) Od., XIX, 36, etc.
(3) Cf. IL, IX, 297.
Le plus grand des dieux en était parfois le plus simple dans ses manières. Le poète, en effet, nous représente Jupiter attelant lui-même ses deux chevaux aux sabots d'airain, agiles, à la crinière d'or; il ajoute :
« Le dieu revêtit une (cuirasse d') or sur sa chair, saisit son fouet d'or, bien travaillé, et monta sur son char (i). »
L'attelage se dirigea vers l'Ida et s'arrêta sur le Gargare où se trouvait, au milieu d'un bois sacré, un autel sur lequel brûlaient des parfums. Jupiter descendit de son véhicule, détela ses chevaux qu'il dissimula derrière un rideau de brouillards et s'arrêta à contempler Grecs et Troyens. On a ici un tableau pittoresque oii l'on voit le roi du ciel se servir à luimême de cocher.
Ajoutons que lorsque Jupiter revint à son palais olympien, ce fut Neptune qui détela le char de son frère et le remisa (2).
J'ai tenu à relever ici ce trait qui n'aurait pas trouvé place ailleurs.
Les autres attributs des dieux seront traités en même temps que ceux de Jupiter.
(2) Cf. ibid., 440.