CHAPITRE VII
Inspirations divines
Homère aurait souscrit volontiers à l'axiome : L'homme propose et Dieu dispose.
En parlant d'Ajax, fils de Télamon, qui venait de revêtir ses armes pour combattre Hector, le poète dit qu'il ressemblait à Mars, lorsque ce dieu s'avance dans la mêlée au milieu des hommes que Jupiter pousse à se combattre, sous l'empire d'une colère funeste (i).
Au retour de son inutile démarche auprès de lui, Diomède fit observer à Agamemnon qu'Achille ne reprendrait les armes que le jour où il s'y déterminerait de son plein gré, ou que Dieu l'y inciterait (2). Il estimait dès lors qu'il serait inutile d'insister.
Nestor racontait comment jadis Jupiter avait inspiré
(1) //,, Vil, 209.
(2) 7d., IX, 703.
aux Pyliens un grand courage qui leur permit de vaincre les Epéens (i).
Hector disait à ses compagnons pour les engager à combattre vaillamment :
« Les Grecs, je pense, ne tiendront pas devant ma javeline, s'il est vrai que je suis poussé par le meilleur des dieux, le bruyant époux de Junon. » (2)
Les troupes qui commençaient à plier reprirent alors courage et s'élancèrent avec une nouvelle ardeur sur l'ennemi.
Neptune, empruntant l'aspect et la voix de Calchas, venait de dire aux deux Ajax que si un dieu leur en donnait la force, comme il en était sûr, puisque ce dieu, dans sa pensée, n'était autre que lui, Neptune, ils sauraient repousser Hector loin de leurs vaisseaux, malgré Jupiter qu'il se vantait d'avoir pour aïeul (3).
Tout en parlant ainsi, il les anima l'un et l'autre d'un courage indomptable et disparut soudain à leurs regards, pour aller plus loin tenir le même langage aux autres chefs. Le fils d'Oilée avait, le premier, reconnu le dieu.
H déclarait à son homonyme, le fils de Télamon, qu'il ne pouvait se tromper sur le caractère surna-