I<1., II
qu'un roi à qui le fils de Saturne confie le sceptre et les lois pour gouverner. » (i)
Phénix, pour décider Achille à reprendre les armes, lui parlait des honneurs dont les Grecs sauraient l'entourer et de la renommée qu'il acquerrait sans faute. Le héros lui répondit :
« Je n'ai pas besoin de ces honneurs, car j'attends ma gloire de Jupiter. » (2)
A ses yeux, celle-là seule comptait, non la gloire humaine. C'était aussi le sentiment de Ménélas :
« L'honneur et la gloire viennent de Jupiter », disait-il (3).
Lorsqu'était née cette querelle entre Achille et Agamemnon, Nestor avait essayé de l'apaiser en rappelant au bouillant fils de Pelée que nul prince, armé du sceptre, n'était honoré à l'égal de son adversaire « à qui Jupiter avait donné la gloire » (4).
Plus tard, le sage vieillard dira au grand roi luimême ce que tout-à-i'heure disait Ulysse :
« Jupiter t'a remis le sceptre et les droits, pour gouverner. » (5)
(2) Id., IX, 607.
(3) Id., XVII, 251,
(4) Id., I, 278.
(5) Id., IX, 98.
Dieu dit dans les Saints Livres :
« Per me reges régnant et legum conditores justa decernunt. » (i)
Télémaque déclarait à Antinoos qu'il accepterait volontiers le trône, « si Jupiter le lui donnait » (2). Lui aussi était d'avis que l'honneur, le rang suprême de la royauté, venait du ciel.
Pénélope disait, en parlant de son fils, à Ulysse luimême qu'elle méconnaissait sous son travestissement:
« 11 est déjà un homme capable de régir sa maison, pareil à ceux que Jupiter honore. » (3) "^ La gloire militaire vient de Dieu, comme toutes les autres, c'est ce que faisait remarquer Achille, en parlant d'Hector, lorsqu'il rappelait aux Grecs, qui ne l'avaient certes pas oublié, les nombreux guerriers tombés sous ses coups : « Jupiter le comblait alors de gloire. » (4)
Le poète va jusqu'à déclarer que le héros troyen égalait Mars par cette gloire dont le dieu le comblait (5).
Plus loin, il se demande:
« Oui fut immolé le premier, qui le dernier par
(1) Prov., VIII, 15.
(2) Od., I, 390. — Cf. ibid., 386.