‹ La religion dans HomèreChapitre 54 sur 64 · W., VII · texte numérisé non relu

W., VII

Le vieux Laërte exprimait le même vœu, ou mieux le même regret devant Ulysse, quand il s'écriait :

« Que n'a-t-il plu au père Jupiter, à Minerve et Apollon que je fusse hier dans notre palais, tel que j'étais, lorsque je m'emparai de Nérice ! » (i)

Dans sa colère contre les Grecs, Achille, tout en armant Patrocle pour le combat, fit cette prière aux trois divinités :

« O père Jupiter, et vous. Minerve et Apollon, faites que nul des Troyens n'évite la mort, tous, tant qu'ils sont, non plus qu'aucun Grec; que nous deux (seuls, moi et Patrocle), échappions au carnage, et que seuls nous renversions les murs sacrés de Troie ! » (2)

Alcinoos, dans son admiration pour Ulysse, lui dit:

« Plaise au père Jupiter, à Minerve et Apollon, qu'étant ce que tu es, dans les mêmes sentiments que moi, tu épouses ma fille et sois appelé mon gendre ; tu resteras ici où je te donnerai un palais et des trésors. » (3)

' Dans son duel suprême avec Achille, Hector, se voyant abandonné du faux Déiphobe en qui il recon-

(1) Od., XXIV, 376.

(2) //., XVI, 97. Cf. id., IX, 49.

(3) Od., VII, 311.

naît Minerve, son ennemie, désespère de la victoire qui avait paru lui sourire, et exhale cette plainte :

« Minerve m'a trompé ! Désormais, la mort cruelle est près de moi ; non, elle n'est pas loin, et je ne saurais l'éviter. C'est le bon plaisir de Jupiter et de son fils qui lance au loin les traits. Pourtant, ils m'étaient favorables auparavant; maintenant, la Destinée s'empare de moi, » (i)

Voici un passage où Neptune remplace Apollon.

Le fleuve Xanthe poursuivait de ses eaux débordées Achille qui fuyait en tremblant. Le dieu des mers et Minerve accourant au secours du héros, sous la forme de guerriers, le prirent chacun par une main pour le tirer du danger. Neptune lui dit;:

« Fils de Pelée, ne tremble pas ainsi, ne crains rien! Nous sommes deux divinités venues à ton aide, du consentement de Jupiter : moi et Pallas Athéné. » (2)

Décidément, Jupiter est bien le souverain régulateur des mondes ; les autres dieux, même les plus grands, ne peuvent rien sans lui, ni, à plus forte raison, contre lui. La tentative de Junon, aidée de Minerve et de Neptune, qui d'ailleurs échoua, est un fait unique dans les annales de l'Olympe. Elle ne se renouvela plus (3).

(2) Id., XXI, 288.

(3) Cf. suprà, p. 58.

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