‹ La religion dans HomèreChapitre 59 sur 64 · M., XIV · texte numérisé non relu

M., XIV

(3) OJ., III, 158.

il n'aurait pas même voulu débarquer. Il dura six jours.

« Quand Jupiter eut fait lever le septième jour, dit-il, la tourmente cessa. » (i)

Plus tard, Eumée, parlant à son maître du voyage qu'il avait fait avec les Phéniciens qui venaient de l'enlever tout enfant, avec sa nourrice, lui disait de même :

« Nous naviguâmes six jours et six nuits; lorsque Jupiter eut fait paraître le septième jour, Diane frappa la femme de ses traits. » (2)

Pour bien convaincre de son retour son vieux père, Laërte, qu'il était allé trouver dans son verger et qui hésitait à le reconnaître, Ulysse lui énuméra les arbres qu'il lui avait donnés, un jour, dans sa jeunesse.

Il lui parla, entre autres, des cinquante rangées de ceps dont les grappes mûrissaient sous l'influence des heures de Jupiter (3).

Tout donc, ici-bas, est à la discrétion de la divinité.

Une conclusion s'impose et c'est Ulysse qui va nous la donner. Il décrivait à Pénélope la félicité que

(1) Od., XII, 399.

(2) Id., XV, 476.

(3) Id., XXIV, 344.

procure à son empire le roi qui craint Dieu et pratique la justice :

« La terre fertile produit du blé et de l'orge, les arbres sont chargés de fruits, les troupeaux se multiplient, la mer abonde en poissons; sous son bon gouvernement les peuples sont heureux. » (i)

Il ne s'agit ici que de biens temporels, mais la divinité qu'on invoquait en ces termes, pouvaitelle donner autre chose que ce qu'on lui demandait ?

(1) Ocf., XIX, 109.

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