L'ESPRIT POSITIF DANS LES PHILOSOPHIES CHRÉTIENNES
La pensée américaine ne prend conscience de soi que de 1820 à 1850 : l'époque des philosopliics est le xix" siècle.
Mais dès rorigine les Puritains avaient été, sans le savoir, ce que leurs descendants savent être : des philosophes de l'action sociale, h'' esprit positif du xix" siècle était en germe dans Vinstinct positif du xviio. Avant que la théologie dos Américains eût disparu devant le positivisme, elle était déjà une théologie positive, et une enquête sur leurs philosopliics doit remonter aux conceptions de leurs plus anciens prédicateurs.
La pensée des contemporains continue le sentiment des Puritains : du xvii"au xix* siècle se perpétua un fatalisme chrétien qui s'était implanté en Amérique parce qu'il servait à l'énergie sociale comme le fatalisme césarien sert à l'énergie égoïste. Il se dégagea peu à peu de ses formes scolastiques de source anglaise : c'était un dogme dépouillant ce qu'il avait de dogmatique. Ce fatalisme pratique des premiers colons fut le germe du système d'Emerson; l'élude en est préparatoire à celle des philosopliics du XIX* siècle, et dans son évolution trois moments ressortent: au xvii" siècle, llooker et Shepard (chap. ix) ; au xvni", Jonathan Edwards (chap. x); au xix*, Emerson et Henry James, le père du romancier du même nom (chap. xi).
L'esprit positif en son plein développement s'exprime par 'philosophie d'Emerson mieux que par aucune autre (chaj: Mystique jjralique).