LA PSYCHOLOGIE OL* FATALISME
présence de Dieu dan^ la ville de Nurlliaoïplon, ilîl < le préambule, les habilauLs font vceu devanl lui d'observer envers leurs voisins toales les règles de l'honnêteté, de la justice et du droit; de respecter y*ïec tendresse Tinér^t d'aulrui comme le leur, et en i^rttculier de ne jamais renier ou m^liger leurs Melles; de réparer lowt tort fait à la fortune d'aulrui; Ëfévilcr toute calomnie, toute médisance, tout ce qui aourrit la mauvaise volonté et la rancune; de ne Ijamais ridiculiser le prochain ou insister sur ses idêfautside ne rien faire dans un esprit de vengeam \ie ne se laisser entraîner, par leur honneur parlicuiJCTou par un désir de victoire sur le parti adverse, à lion de contraire à leur conscience ou de nuisible au royaume de Dieu; et surtout dans les affaires pubtl- <qnesde ne pas mettre les inlérfits de parti avant ceux le la religion; d'accomplir en toute vigilance les ^oirs de la famille, entre parents et enfants, maris ^M femmes, maîtres, maîtresses et serviteurs. "
lui qui fit signer ce <c contrat social •• avait un
'ament d'homme d'action. Adolescent, il avait
brouillon d'un Traité où il proclamait la vie
le souverain bien, ot le néant comme « le r5ve
endormis » que l'ûme humaine ne peut con-
Vers vingt-deux ans il fut pris d'un dédain de
isophic, et se mit à en parler c< du Ion d'un
làLeur populaire n : à propos d'une théorie de
il écrit : n Nous voici si loin des choses que la
est faite pour exprimer, qu'à moins d'extrêmes
il nous faut élre ou inintelligibles ou con-
lires. « Il laisse la métaphysique, el se fait une
I l'action ; ayant voué sa vie h Dieu, « il
perdra pas un seul moment, afin de vivre de
loulc sa force lant qu*il vit ». 11 mangera et boira avec modération; il s'exercera à Tégalité d'humeur. Ses pensées sont les plus faites pour stimuler rénergie: « il a entendu dire à des vieillards comment ils vivraient s'ils pouvaient revivre, et il décide de vivre comme il imagine que vieux il voudrait avoir vécu ». « Môme en supposant, écrit-il, qu'il n'y ait dans le monde qu'un seul homme à la fois chez qui le christianisme brille de tout son éclat et qui semble parfait 7^ de quehiue côté qu'on le regarde, je décrète d'agir comme si je m'efforçais de tout mon pouvoir d'être cet homme-là dans mon temps. » Il se reproche, après i un long travail, d'attendre le repos comme unerécom- J pense due, et décide de restera l'œuvre sans relàche;;3| s'il est vrai que l'assiduité nuise à la santé, il veutea^j avoir eu la preuve par lui-même avant d'y renoncer. 11 se nourrit selon un régime, il mesure son sommeil, il résiste à tout désir lâche de repos. Sa vie est d'une application constante; il revient de ses courses à cheval ou à pied avec des bouts de papier épingles sur lui, où il a noté ses réflexions, sur un sujet qu'il s'était fixé avant le départ.
Le réveil puritain encourut le blâme d'une partie 1 des contemporains : Edwards le justifia pardesargu- j mcnts d'homme d'action. On reprochait à l'enthou- 1 siasme rehgieux de perdre le temps de trop de gens: J Edwards réplique qu'à de certaines occasions tout un f peuple ne craint pas de dépenser du temps et de rar-l gent pour une réjouissance publique; mais, ajoule-t-| il, on a gagné plus de temps qu'on n'en a perdu : on en a plus gagné aux dépens des plaisirs, des séances aux cabarets, des visites vaines, des bavardages vides qu'on n'en a perdu à des actes exceptionnels de reli-
non; et les habîlanls ont bien économisé cinq foi», pRr leur train de vie, ce qu'il leur en a coftlé pour tenir les réunions religieuses.
On reprochait surtout au « réveil " les crises uer- Teusesellesn effets physiques nquiTacconipagnuicnt. Edwards répond que les transports du corps n'ont irïen de commun avec la vraie religion, qui consiste dans l'état de l'âme et dans la conduite : ils n'ont, ■Ël-il, qu'un caractèreaccidentel, contingent et secondaire. 11 n'y a lieu ni de les louer, ni de les blâmer. 3Is sont, en soi, sans portée religieuse. Ce sont des iÇoatre-coups inévitables de tout enthousiasme public. <|lfi ne diminuent pas ce que l'elfet moral a de profond il de permanent. Ils en sont au contraire le signe, : mais nécessaire. On sent \h la sérénité de lomme d'énergie, qui sait qu'un bien ne va pas & un peu de mal, et qu'une grande œuvre ne s'aclas sans qu'il faille en payer le prix. On y ù rintrcpidité de l'homme d'État, qui sali ! souffrances particulières sont le coflt d'un al. '1 En considérant, dit-il, combien de pernt été domptées par la grâce, il est remar- [le le nombre do celles qui devinrent folles ait bible. » Comme toutes les âmes fortes qui ont bn bul, il n'en marchande pas le prix. On avait Bé à l'exaltation religieuse de nuire au corps et r la santé. « Est-ce que Jacob, s'écria-t-il, n'a S contre Dieu pour une bénédiction; et ne 1 reçue, tout en restant paralysé? Quand rit la majesté de Christ, toute force se relira [ean l'apôtre tomba comme mort à ses pieds.
jtres du prophète Ilalbakuk tremblèrent, son f.ful secoué, ses os se décomposèrent. Dieu
dans une apparition prit la vie de Moïse. Mais la béoé diction est plus grande que le mal. »
C'est la doctrine de la nécessité qui a prolongé l'influence d'Edwards après sa mort. Il la reçut des prédicateurs congrégationnalistes, de Hooker et de Shepard : il en fît comme eux une doctrine d'énergie, et la transmit, sous une forme plus logique, aux philosophes du XIX® siècle. Après l'avoir exposée dans un grand ouvrage sur la Liberté de la Volonté, il eut à la défendre, contre un polémiste écossais, dans des Remarques, où se trouve l'expression la plus ferle et la plus concise de sa pensée.
L'adversaire d'Edwards prétendait que « si nos mobiles ne dépendent pas de nous nous n'avons pas au fond de liberté ». Edwards pense que « la nécessité dans l'ordre moral », ou la détermination de nos actes par des préférences déterminées elles-mêmes, « n'a rien de contradictoire avec ce qu'il est légitime d'appeler liberté, et avec la plus extrême liberté qu'on puisse désirer ou concevoir ». La liberté n'est pour lui que la faculté même de préférer, et il ne conçoit pas de préférence qui n'ait une cause.
« La liberté, dit-il, est le pouvoir, l'occasion ou le privilège qu'on a de faire ce qu'il plaît ; c'est la conduite selon le bon plaisir Si l'on dit que l'homme
ne se décide pas en vertu d'un choix, d'une préférence, d'une inclination, mais par je ne sais quelle décision de hasard qui émane d'un état d'indifférence absolue, ce n'est pas là une plus haute conception de la liberté : la volonté ne serait plus volontaire.... S'il y avait dans l'esprit un pouvoir de se déterminer autrement que par son choix ou selon son bon plaisir, de quelle valeur serait cette liberté? La vraie notion de
La psychologie du fatalisme la liberté est doDC consistante avec le caractère de nécessité des aclions. Je n'hésîLe pas à dire qu'il ii'ost au pouvoir d'aucune imagination d'inventer une liberté plus haute. Qu'on parle tant qu'on voudra t\c Bouveraineté de la volonté, d'auto-délei-mination, ifaulo-motion, d'auto-direction, de décision arbi- >^9ire, de liberté ad uirumvU, etc. ; il est évident que Wêêb ces aflirmalions acharnée», on vise on ne sait à ^^Hl OQ soutient ce dont on n'a aucune conception, ^^Kd)Slitue des mois confus et vides à des choses ^^Bâes pensées. Je déflc qu'on explique clairement ^^Hi'on veut : c'est un déC auquel on ne répondra
^HKs où apparaît surtout le théologien de l'action ^^K psychologue de l'action, c'est lorsqu' Edward s ^^BChe à son adversaire de déGair la liberté a un ^^^■ir d'agir sans motifs ou à l'enconLre de ses ^^^H, un pouvoir d'agir sans vue, sans projet ou ^^^Bessein, en cimlradiclion avec tous nos principes
^^^feul donc, s'écrie- t-il , a jamais imaginé une ^^B haute liberté que celle de poursuivre ses ^^^nt ses projets? » Là est le fond et le centre de la ^^^nip d'Kdwards : l'homme est u un agent raison- ^^H^, intelligent, combinateur m : il est fait pour ^^Het l'action impliquant un dessein, sa liberté est ^^KuirBuivre ses desseins. « L'auteur de l'Essai, ^^^KSâmble croire concevable quelque liberté par ^^^nle les actions de l'homme seraient plus en son ^^^BÎr, et les événements, plus sous notre dépen- ^^H^ : comment nos actions seraient-elles plus en ^^Bb pouvoir et plus sous notre dépendance que Borsqu'clles procèdent de la faculté que nous avons
96 LA RELIGION DANS LA SOaÉTE AUX ÉTATS-UNIS
de réaliser nos propres préférences, d'agir selon no« propres tendances, de poursuivre nos propres vues, d'exécuter nos propres desseins? »
Edwards finement remarque que par une sorte de préjugé et d'habitude d'esprit le mot de « nécessité » \ déplaît; que quand on entend parler de « volontéa nécessaires » on se figure dans l'âme comme « des j murs de diamant, des grilles d'airain ou des barres de fer », refoulant toute volonté nouvelle, tout choix nouveau, toute action nouvelle. Aussi propose-t-il dej ne plus nommer « nécessité » mais « certitude » le lien des causes et des effets dans l'âme; étant donné un motif déterminant, au lieu de dire que la détermination qui le suit est « nécessaire », on dirait qu'elle est « certaine ».
A ceux qui disent que la nécessité supprime la responsabilité, Edwards répond que sans nécessité, et î sans détermination par des motifs, il n'y a ni vertu ni i vice : « la liberté d'indifférence et la contingence impli- ■'■ qucnt que l'homme agit sans principes vertueux ou '= vicieux, sans motifs, intentions ou buts, sans fin * bonne ou mauvaise; n*est-il pas étrange de dire que i les actions, pour être méritoires, doivent se faire sans J vue, sans dessein, sans plan, sans désir, sans prin- i cipe d'action, sans rien qui soit en harmonie avec i une nature raisonnable »? Et il conclut que si le . mérite ou le blâme supposent la liberté d'indifférence, « plus l'homme fait le bien par bonne disposition, . moins il y a de mérite ; plus il fait le mal par mauvaises, moins il est coupable; et en général plus les actions viennent du fond du cœur, moins il y a lieu J de les louer ou de les blâmer. Mais d'après le sens i commun, plus un homme agit pleinement selon les