‹ La religion dans la société aux États-UnisChapitre 37 sur 67 · LE CRÉPUSCULE DES DOGMES · texte numérisé non relu

LE CRÉPUSCULE DES DOGMES

dogmes de Calvin, — puis quand nous nous Lournons vers les pages des <Snninenls orthodoxes d'aujourd'hui, nous restons slupéfails du cbangemenl. »

L'histoire du libéralisme religieux en Amérique comprend deux phases : celle du libéralisme inconscient et celle du libéralisme philosophique. Le premier date des origines; il a pour causes les besoins du peuplement, du commerce, de la guerre; c'est une^ indifTérence aux doctrines et un accord par le silence.. Au XIX' siècle il trouve en travers de lui un dof lismed'imporlation : d'inconscien t il devient conscient, '' et de muet, propagandiste; en face d'un dogmatisme militant, il ne peut plus faire le silence ; obligé de s définir pour s'exprimer, il trouve et formule son principe, qui est la souveraineté de la morale. Au lieu du mutisme sur le dogme, c'est la subordination réflé-. cbie du dogme. De négatif, le libéralisme est devena positif.

Ce qu'il y avait eu dans la nation de tolérance inconsciente servit la tolérance réfléchie : les nova^ leurs étaient portés par la tradition. Aujourd'hui, le» deux libéralismes persistent; ils ont créé deux tendances, l'une négative, l'autre positive, l'une qui e de taire le dogme, l'autre qui est de le plier à la moralft ' humaine.

La seconde des deux tendances, la plus intellec tuelle, est celle, aujourd'hui, des congrégations uni? taires. •< Les doctrines Lhéologiques, écrit un d^ leurs minisires, doivent être soumises à la pierre dij touche de la morale. Celles qui contredisent ce qu'î y a de meilleur dans l'idéal moral d'aujourd'hui doi vent ôtrc rejetées ». « C'est une méthode qui simplifia la théologie. •• » Le vrai chrétien, ajoute-t-il, se soumit

peu que ses pensées s^arraugent eu un système métaphysique. 11 se contente d'une foi simple en la bonté; éternelle, pour le fortifier et le soutenir dans ses efforts les meilleurs. » « Nos ministres, dit-il encore, citent plus volontiers les poètes qui ont prêté roreillc au flux intime des choses que les métaphysiciens. Us sont de Tavis de Milton, à qui notre sage et grand poète Spenser semble un meilleur maître que Scott ou Thomas d'Aquin. » L'Église unitaire divinise Thomme, et fait la conscience humaine seul juge de toutes croyances. « Le christianisme, écrit un autre de ses ministres, a été le culte d'un homme divin. Dans une grande partie de l'Église il est le culte de la femme divinisée et d'un groupe de héros et de saints à demi divins. Parmi les Libéraux de toutes sortes, la tendance est de supposer ou d'affirmer la divinité de la nature humaine plutôt que de nier celle de Jésus. La différence entre le christianisme considéré comme religion et les formes du paganisme est toute dansi cet élément humain. » C'est la doctrine de ranthro-J pomorphismc moral. « En tant que religion, je ne dis pas en tant que théologie, le christianisme est essentiellement humanitaire. Il sanctifie la nature humaine. 11 se dévoue au service de la race humaine. Dès lors, que dirons-nous d'une organisation dont la fin est la plus haute culture de l'esprit, la plus noble moralité selon la conscience, le plus large bien-être et la plus juste justice dans l'État? L'ûme ou l'Église qui se dévoue à l'humanité est chrétienne dans le sens le plus profond du mot. Si l'on veut dire que l'Église d'aujourd'hui n'est pas chrétienne dans sa théologie, nous répondrons que c'est matière d'opinion, que les docteurs en font leur affaire et que peut-être ils régie-

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