‹ La religion dans la société aux États-UnisChapitre 38 sur 67 · LE CRÉPUSCULE DES DOGMES · texte numérisé non relu

LE CRÉPUSCULE DES DOGMES

ronl la quesUon. Si nous savons préserviir la religion qui a inspiré l'âme humaine dans ses actes les plus divins, nous aurons pcul-fiire la chance de trouver une lliéologie qui s'y accorde quand nous en saurons un peu plus sur Dieu cl l'homme. «

Les Unilaires metlenl aujourd'hui une coquetlerie à raisonner leur libéralisme; mais ce qu'ils ont surtout communiqué aux Églises voisines, c'est l'autre forme de la tolérance, toute pratique et toute silencieuse; ils ont renoué autour d'eux la vieille tradition américaine d'une rclifjion muette sur le dogme.

lis voulaient soumettre la dialectique à la morale : ils l'ont tuée, et ils restent un peu eil'rayés du silence philosophique qu'ils ont aidé h faire; le positivisme des orthodoxes dépasse le leur, et les scandalise presque. « Dans les grandes Églises établies, écrit l'un d'eux, libéral tend à signifier élastique. Un credo y est une chose « bonne à garder et à taire » . On admet qu'à force de bonnes œuvres l'Église retiendra le peuple à elle sans se souder des difficultés intellectuelles, 11

Dans l'Eglise presbytérienne, les deux formes du libéralisme se partagent assez également le nombre des fidèles. Une partie de la secte demande la refonte de la confession de Westminster, selon les besoins de la conscience moderne, h Si nous croyons, s'écrie un des chefs de l'Église, coque notre prospectus doctrinal annonce, nous croyons que quelques-uns de nos enfants, à la maison, et pcut-ôtre ce bébé, là, sur votre bras, sont damnés déjà, damnés avant de naître, damnés de l'éternité à l'éternité; puis on nous invite à venir à l'église dire: Noire Père. Quel est le père qui voudrait mettre au mondeun enfant, pour le con-

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damner à ôtrc brûlé dans de tels supplices? On dit! que personne ne le proche; c'est vrai, et personnel non plus ne le croit; mais c'est gravé sur la bannière que suit Tarmée presbytérienne. » Tous les pasteur» qui veulent un Credo selon la morale du jour sont d'accord pour en vouloir un très court, où il n'y ail plus de théologie. « Ce qu'il faut, dit le D' Parkhursl dans le môme sermon, ce n'est pas un système théologique; c'est une formule simple en bon style saxon, une demi-douzaine des principes vitaux qui sentie message de Christ au monde. Je me contenterais d'un credo fait de ce que Jésus disait à Nicodème : « Dieu aima tant le monde qu'il donna son Fils unique, pour que quiconque croirait en lui reçût la vie éternelle. » Tous les mots sont anglo-saxons; les trois-quarts, monosyllabiques; assez profonds pour tout homme, assez simples pour tout enfant de quatre ans. » Le Presbytère de Brooklyn demande un « Credo pratique » (working Creed), « court, simple, allant droit au but ». L'expression de a Credo pratique » revienl dans les veux de plusieurs presbytères. Celui de Pittsburgh demande un sommaire qui soit à la confessioa ce qu'un petit catéchisme est à un grand catéchisme. La revue VIndepcndent demande « un Credo d'union, non de division ».

L'autre forme du libéralisme a pour elle sinon une majorité du moins une forte minorité de la secte. C'est la plus conservatrice, mais c'est la plus radicale. Elle est dans la tradition des vieux colons. Elle inflige au dogme « la mort sans phrases » ; elle se contente de le passer sous silence. C'est celle « du troisième tiers» dont un pasteur presbytérien parle dans cette phrase: « Deux tiers des ministres n'acceptent pas la confes-

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