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CHAPITRE XXI L'Église mutualiste

(N™ York S,m.iam„K ,9,1.)

L'esprit social et l'esprit positif se développent l'un par l'autre. Car les intérêts terrestres sontdes inlcrfits sociaux. Si le salut de l'homme dans l'autre monde peut être individuel, son prr»grès dans le monde visible ne peut être que coilecLif. Un homme peut à ilui seul sauver ce iju'il y a d'immortel en lui, mais pour le développement actuel de toute sa nature, il ' est solidaire des autres hommes. En devenant laïque, I l'église devient sociale. " La religion, dit M, Strong, commence à comprendre qu'elle doit sauver tout l'homme et tous les hommes n : les deux formules s'entraînent l'une l'autre; il y a des parties de l'homme .qu'on ne peut relever qu'en les relevant chez tous les {hommes. «. Les efforts religieux tendent à élever tout

rhommc au lieu d'une fraction deThomme et à faire le salut de la société au lieu du salut deTindividu. »

Aux motifs individuels les églises substituent de plus en plus les motifs sociaux. De l'assistance aux offices elles tâchent de faire une sorte de devoir laïque, presque civique; elles fondent l'observance du dimanche sur la solidarité des générations entre elles. c< Nous ne croyons plus à un dimanche surnaturel, écrit un ministre unitaire; le dimanche est pour nous le don des âges qui se sont usés à la tâche pour affranchir Thomme de ce qu'il y a de bas en lui ; c'est un jour gardé u travers les siècles par la vigilance sans relâche des instincts spirituels; c'est un jour entier chaque semaine, c'est un septième de notre vie.... C'est un jour confié à nos mains pour le transmettre ; allons-nous recevoir le don et trahir les responsabilités qu'il enlr€aîne?Si vous ne faites rien pour l'observer, les soucis et les mesquineries de la semaine l'envahiront, et à la fin c'en sera fait du septième jour, du jour du repos. C'en sera fait de lui, et par voire faute. Il aura survécu aux luttes dupasse, pour périr entre vos mains. Pensez-y. » Avec un sens exquis des obligations sociales, l'auteur ajoute : « Quand un nuage au ciel vous fait rester chez vous au lieu d'allei* à l'église, avez-vous jamais pensé au manque de courtoisie et de bienveillance que votre décision suppose? même si vous pouvez adorer Dieu tout seul, ce n'en est pas moins le culte public qui est nécessaire à beaucoup des âmes de vos frères pour entretenir leur vie spirituelle, pour fortifier, réconforierj ou guider leurs cœurs; et par votre seule absence,] vous ôtez au culte public un élément et un facleuf] essentiel de son pouvoir. »

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C'est la substîlulion, conitnc mobile religieux, de l'intérêt commun ii l'intérêt privé. Un professeur du séminaire de théologie de Chicago dcnl : « La tèche des Églises était de redresser la relation de l'homme individuel à Dieu; elle est maintenant de redresser la relation de chacun h tous et de tous à chacun. » Les Églises se repentent d'un engourdissement qui a coïncidé, au début de ce siècle, avec le développement de l'industrie; elles se sentent une mission envers les ouvriers; elles multiplient pour eux les club.s et les conférences; elles invitent des laïf|ues de renom à Iraiter en chaire les questions sociales. Dans l'hiver de 1900, l'église Saint-Paul à New York (it venir des spécialistes de la Pennsylvanie et de l'Indiana, pour traiter « De la force ot de la faiblesse des mouvements ouvriers, » « Des esclaves, des serfs et des salaires n, n Des relations des Trusts avec les syndicats ouvriers n.

L'esprit nouveau a réformé le système d'enseignement de plusieurs séminaires, de l'École théologique de Harvard, de l'Rcole épiscopalicnne de Cambridge, du séminaire presbytérien de New York, du séminaire baptiste de Chicago, de la plupart des sémii congrégalionnalistes, d'autres encore. On y tmoins de théologiens et plus d'hommes d'action. ' forme, dit M. De Witt Hyde, « le ministre du reau type », qui « partage avec chaque ouvrier i paroisse la tentation de b.tcler la besogne I 1 le bon travail n'est ni mieux payé ni mieux | icié que le mauvais ; qui partage avec le mar- 1 fed et l'entrepreneur l'énervement de la concurï contre les produits falsifiés ou privilégiés; qui BDve là, près (\n membre des syndicats, lors des

résolutions décisives ». Lu nouveau séoiinaire « estime les prophètes hébreux pour la lumière qu'ils jettent Bur le problème ouvrier, sur les problèmes de l'impôt et de l'argent, sur ceux de la charité et du gouvernement municipal, sur ceux du bonheur domestique et de la pureté publique». « En fait, continue l'auteur de l'article, le diplômé des anciens séminaires n'allait sa paroisse avec une vue claire des changements que l'esprit d'amour doit réaliser dans un milieu concret. Le lanceur d'une équipe universitaire de baseball a une liste de tous les membres des autres équipes contre lesquelles il s'attend h concourir : il note en l'ace de chaque nom les faiblesses et les particularités de leur jeu : combien y a-t-iî de ministres qui aient le bilan de l'état moral de chacun de leurs paroissiens? »

M. Stanley Root, chargé d'une enquête sur l'Église moderne par le journal de New York le plus soucieux des questions religieuses, conclut ainsi : I Mutualité est le premier et le dernier mot du chrislianisme... Phillips Brooks dit que la mutualité s'appelle tantôt le socialisme, tantôt le communisme. S'il en est ainsi, c'est ne pas être chrétien que de ne i être socialiste. Mais le socialisme en question n'implique pas les doctrines de tel ou tel parti qui porte ce nom. 11 est « la vie nouvelle, où l'obligation mutuelle est l'universelle loi ».

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