‹ La religion dans le temps et dans l'éternitéChapitre 4 sur 19 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

piration de l'homme, et la prière du juste, et les blasphèmes du méchant.

Ilvoittout,etlesoleilélincelantauxreg-ards de l'univers, et l'insecte caché sous l'herbe, et la mite silencieuse ensevelie dans l'écorce de l'arbre, et Timperceptible poisson perdu au milieu des abîmes sans fond de l'Océan ; il voit et le jeu varié de leurs muscles, et la circulation de leur sang-, et les pensées de mon esprit, et les battements de mon cœur, et la faim du petit oiseau qui demande sa pâture, et les besoins ignorés du pauvre et les larmes de l'opprimé.

Il gouverne tout, et l'innombrable armée des cieux, et les nations civilisées et les peuples barbares, et les saisons, et les vents, et les tempêtes, et les créatures privées de raison et les êtres doués d'intelligence. Il nourrit, il réchauffe, il loge, il habille, il conserve, il protège tout ce qui respire; car tout ce qui respire, ne respire que par lui et ne doit respirer que pour lui.

Principe et règle du juste, du beau, du bon, du vrai, il donne à l'homme la lumière pour connaître le bien et la force pour l'accomplir. Dans son infaillible balance il pèse les actions des rois et des sujets, des individus et des peuples. Rémunérateur suprême de la vertu, vengeur incorruptible du vice, il cite à son tribunal le faible et le puissant, le juste qui l'adore et l'impie qui l'outrage ; aux uns

des châtiments sans espoir, aux autres une félicité sans mélange et sans fin.

Etre au-dessus de tous les êtres, tout proclame votre existence, et les magnificences des cieux, et l'éblouissante parure de la terre, et l'obéissance filiale des flots irrités, et les vertus do l'homme de bien, et le châtiment du coupable, et la démence même de l'athée. Tout célèbre vos louanges : de la terre au firmament, d'un pôle à l'autre, tout ce qui parle vous loue par ses acclamations, ce qui est muet par son silence. Tout révère votre majesté, la nature vivante et la nature morte. A vous s'adressent tous les vœux, toutes les douleurs; vers vous s'élèvent toutes les prières.

Soleil étincelant, vos rayons remplissent Funivers, et nul regard ne peut vous contempler ; toutes les langues vous nomment, aucune ne peut vous définir. Créateur, conservateur, père, juge, rémunérateur, vengeur, tous les noms de puissance, de sagesse, d'amour, d'indépendance et de justice vous sont donnés ; tous vous conviennent, et cependant nul ne dit ce que vous êtes. Etre au-dessus de tous les êtres, ce nom est le seul qui ne soit pas indigne en vous*.

Oui, un Etre au-dessus de tous les êtres, un Etre qui a fait tout ce que nous voyons

1 s. Greg. Naz.

Page 1