‹ La religion dans les limites de la raisonChapitre 27 sur 44 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

On ne peut désirer une histoire wiiverseCte de la religion y à prendre le mot de religion dans son acception la plus étroite ; car, en tant que fondée sur la croyance morale pure^ elle n'est pas un état public : chacun isolément a conscience des progrès qu'il y fait. La croyance ecclésiastique est par conséquent la seule dont on puisse attendre une exposition historique universelle, résultant des comparaisons de cette croyance et de sa forme variée et changeante > avec la croyance religieuse pure> unique, immuable. Du moment où la pre« mière de ces croyances reconnaît publiquement la dépendance où elle se trouve des conditions circonscrites de la seconde et qu'elle comprend la nécessité de se mettre d'accord avec celle-ci, TÉglise umwrselle commence à se former en état moral divin, et, d'après un principe constant, identique pomr tous les hommes et pour tous les

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temps^ à marcher vers la réalisation de cet ëtat.— On doit penser que cet aperçu historique ne peut être autre chose que le récit de la lutte perpétuelle entre la religion de culte ou extérieure et la religion morale y religions dont l'homme est d'autant plus enclin à exhausser la première en tant que croyance historique f que la seconde n'a jamais élevé de prétentions à une préférence qu'elle mérite comme croyance essentiellement moralisante; mais cette préférence , elle la revendiquera certainement un jour.

L'histoire religieuse y toutefois , ne peut avoir d'unité 9 si elle n'est cifconscrite dans cette poiv tion de l'espèce humaine chez laquelle la disposition à l'unité de l'Eglise universelle a déjà acquis un certain développement, si' elle n'est restreinte à ce cercle d'hommes qui ont déjà publiquemient posé la question de la difféicence de la croyance rationnelle et de la croyance historique , et dont l'opinion arrêtée est de la plustfôute importance morale ; car l'histoire des peuples qui ne sont point liés les uns aux autres par la croyance, ne saurait promettre l'unité de l'Église. Il ne faut pas compter , pour établir cette unité , sur une certaine croyance nouvelle, qui naîtrait chez un seul et même peuple et se distinguerait profondément de )a croyance dominante ^ lors même que celle-ci renfermerait dans son sein les

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QAWsts occasionnelles d'une nouvelle croyance; car il y « nécessairement unité de principe si l!on rapporte la. succession des différentes religions aux. modifications d'une seule et même Ëglise^et l'histoire de cette Église une et immuable est proprement la seule dont nous nous préoccupons.

Nous ne pouvons donc avoir en vue de traiter que l'histoire de cette Église qui^ dès le commencement^, porte en elle le germe et le principe de l!unité objective de la croyance religieuse véritable et universelle y et s'en approche insensiblement. — On voit dès maintenant que la croyance judaïque n'a aucun rapport essentiel avec cette croyance ecclésiastique dont nous voulons tracer l'histoire, c'est-à-dire aucune unité en idée^ quoique elle ait précédé immédiatement TÉglise chrétienne ; et ait été l'occasion matérielle de sa fondation.

La croyance judaïque, dans son institution originaire , est un ensemble de lois purement positives , sur lequel fut élevée une constitution politique: car les propositions morales qui, soit dès le commencement, soit dans la suite, y.ont été ajoutées/ n'appartiennent absolument pas au judaïsme comme tel. Le judaïsme n'est point proprement une religion,. mais simplement une association d'un certain nombre d'hommes qui ,

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sortis d'une même soiM^he particulière ^ se sont formés en république sous de pures lois politiques et non ^ par conséquent, eu Église. Il serait ]^utôt un simple état temporel; de sorte que, s'il venait à être renversé par les événements , il lui resterait toujours la croyance politique qu^ lui est ' essentiellement propre, pour se relever de nouveau en attendant le Messie. Cette constitution politique a beau avoir pour fondement une théocratie de prêtres ou de chefs qui se targuent d'une instruction immédiatement reçue de Dieu , par conséquent le nom de Dieu qui est ici considéré purement et simplement comme un roi temporel n'ayant aucune préten-* tion sur les consciences ni même à la conscience, a beau être honoré, cela n'en fait point une constitution religieuse. La preuve qu'elle ne saurait être une constitution religieuse est très-claire. Premièrement^ tous ses préceptes sont de [telle nature qu'ils peuvent former la base d'une constitution politique et être imposés comme des lois de contrainte, exclusivement relatifs qu'ils sont aux actions extérieures; et les dix commandements mêmes qui, sans pouvoir être universels, ont déjà une valeur morale aux yeux de ia raison , ne sont point accompagnés , dans cette législation , de l'exigence du sentiment moral dans l'accom-* plissement, ce qui devait être l'œuvre capitale

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du christianisme ; ils réclament simplement une obseryatian extérieure. Cela dévient encore plus manifeste par ce qui suit. Deuxièmement^ toutes les conséquences de l'accomplissement ou de la transgression de ces commandements^ toutes les récompenses ou toutes les punitions sont restreintes dans de telles limites que chacun reçoit ici bas le prix dé ses œuvres, et cela , non d'après une règle morale, puisque récompenses et punitions doivent s'étendre même à la postée rite qui n'a pris à l'action ou à l'omission aucune part active, ce qui dans une république peut être une mesure prudente pour assurer son au* toritë, mais est, dans une république morale, ^ tout à fait contraire à l'équité. De plus, sans croyance à une vie future, nulle religion ne peut être imaginée; or, le judaïsme, comme tel, pris dans sa pureté , ne contient absolument au** cune croyance religieuse» Cette assertion acquerra encore de la force par l'observation suivante. En effet, on ne saurait douter que les juifs ^ de même que les autres peuples, même les plus grossiers, n'aient eu une croyance à une vie future, par conséquent n'aient eu leur ciel et leur enfer, car cette croyance, à cause de la disposition morale universelle dans la nature humaine, s'impose d'ellemême à tout homme. C'est donc assurément avec intention que le législateur de ce peuple , quoi-

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qu'il soit représenté comme Dieu méme^ n'a pas voulu tenir le moindre compte deia vie future, et cette circonstance montre bien qu'il n'a voulu fonder qu'un état politique , non un état moral : parler dans ,un état politique de récompenses et de punitions qui ne peuvent être visibles dans cette vie y ce serait un procédé tout à fait inconséquent et mal habile. Mais, bien qu'il n'y ait pas à douter que les juifs ne se soient fait dans la suite, chacun pour > lui-même, une certaine croyance religieuse qui était ajoutée aux articles de la croyance positive, personne n'a pourtant jamais rien trouvé d'essentiellement propre à la législation judaïque. Troisièmement^ il s'en faut beaucoup que le- judaïsme ait constitué une époque de V Église unii^erselle ^ une Eglise universelle même pour son temps; on peut plutôt dire qu'il a exclu le genre humain entier de sa communion ; il se regardait comme le peuple élu de léhovah, ce qui lui attirait l'inimitié de tous les peuples, et excitait la sienne envers eux. 11 ne faut pas non plus concevoir du peuple juiC une trop haute estime parce qu'il reconnaissait pour maître universel du monde un Dieu. unique que nulle image sensible ne pouvait représenter : car on ' trouve une doctrine reli<2:ieuse ayant la même base chez les moindres peuples, qui ne s'abaissent que par le culte de certài^ies

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divinités puissantes subordonnées à un seul Dieu. Un Dieu qui veut simplement l'accomplissement de préceptes tels qu'ils n'exigent aucune amélioration de sentiment moral , n'est pas à proprement parler cet être moral de la notion duquel nous avons besoin pour une religion. Une religion se trouverait plutôt encore dans la croyance à une multitude d'êtres invisibles ^ si un peuple venait à se les représenter comme s'accordant tous^ malgré la diversité de leurs départements, à ne juger digne de leur faveur que celui qui s'attache de tout son cœur k la vertu , que dans la croyance à un être unique qui fait du culte machinal la principale affaire.

Nous ne pouvions donc commencer l'histoire de l'Église universelle, en tant qu'elle^doit former un système , que depuis l'origine du christianisme , qui 9 en condamnant absolument le judaïsme dans lequel il a pris naissance, a déterminé^ fondé qu'il est sur un principe tout à fait nouveau, une profonde révolution dans les croyances religieuses. La peine* que les propagateurs dés doctrines chrétiennes ont prise ou ont pu prendre au commencement, pour rattacher les deux croyances l'une à l'autre et établir que la nouvelle était un simple progrès de l'ancienne qui renfermait tous les événe-

ments de la première en symboles ^ montre bien clairement qu'il ne s'agit ou qu'il ne s'agissait là que du moyen le plus propi^ poiu* intro-^ duîre une religion morale pure à la place d'un culte auquel le peuple était trop fortement ha* bitué^y sans perdre^ toutefois > aucun des ayan-* tages résultant de ce culte. La destruction insensible du type juif qui distinguait profondément ce peuple des autres^ autorise à penser que la nouvelle croyance qui n'est liée ni aux dogmes positifs de l'ancienne ^ ni à aucun dogme positif en général, devait renfermer une religion valable pour le monde ^ non pour un peuple unique.

C'est donc de ce judaïsme ^ non point de ce judaïsme patriarcal^ sans mélange, fondé sur une constitution politique pure (qui était même déjà fort ébranlée) , mais de ce judaïsme transformé en croyance religieuse par laddition successive de doctrines morales , à une époque où le peuple, autrefois si ignorant, était déjà trèséclairé grâce à une sagesse étrangère, la sagesse grecque , qui contribua certainement à développer les notions morales et , à cause du joug accablant de la croyance dogmatique, à déterminer, une révolution lorsque la puissance de l'ordre sacerdotal fut amoindrie et soumise à la domination d'un peuple qui regardait avec indiffé-

rence toutes les croyances populaires des autres nations 9 c'est de ce judaïsme que s^éleva tout à coup , après avoir été préparé toutefois , le chris^ tianisme. Le Révélateur de TÉvangile s'annonçait comme un envoyé du ciel , et il se montrait digne d'une telle mission^ déclarant que la croyance servile et intéressée qui se réduisait a des solennités religieuses^ des connaissances^ des pratiques^ était pure bagatelle^ et proclamant , au contraire^ que la croyance morale ^ qui seule rend les hommes saints « comme leur père est saint dans le ciel », et qui révèle sa vérité intérieure par une bonne conduite , était l'unique croyance sanctifiante. Mais après qu'il eut donné par sa doctrine, ses soufirances et sa mort si injuste et si méritoire (i)i un exemple

(i) À cette mort se termine la vie publique du Révélateur du christianisme , vie qui peut servir d'exemple à la postérité. La résurrection et Vascênsion de Jésus sont des événements mystérieux ajoutés après coup et qui se sont passés seulement devant les yeux de mè disciples. Si on considère ces prétendus faits comme des idées rationnelles purement et simplement , ils ne sont, l'un que le commencement d'une vie nouvelle , l'autre que l'entrée dans la sphère de la félicité , c'est-à-»dire dans la communion des hommes de bien ; mais ils ne peuvent « malgré leur importance historique , être d'aucune utilité à la religion dans les limites delà raison pure. Ils lui sont inutiles, non patce que ce sont des récits historiques , car on pourrait en dire autant de tout

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firappaut de rhumauité agréable à Dieu dans sa personne, îl est représenté comme remontant au ciel d'où il était descendu , laissant verbalement sa volonté suprême comme dans un testament; et y eu égard h son mérite , à sa doctrine et à son exemple^ il pouvait dire néanmoins qu'il (l'idéal de l'humanité agréable à Dieu) resterait avec ses disciples jusqu'à la consommation des

le passé,. mais parce que, pris à la leUre , bieu que trèsconformes au mode de représentation sensible des hommes , ils contrarient extrêmement la raison dans la croyance qu'eUe prépare pour l'avenir ; ils supposent , en effet , d'une part , la matérialité de tous les êtres du monde , le matérialisme (psychologique) de la personnalité de l'homme, personnalité qui ne pourrait être qu'à la condition de l'identité du corps-; d'un autre côté, le matérialisme (cosmologique) de la présence dans le monde en général, présence qui, sous cepoint de vue, ne peut avoir lieu que dans Vesp(ue, Au contraire , l'hypothèse par laquelle l'existence des êtres raisonnables est spiritualisée , par liiquelle , le corps restant dans la terre , la personne continue de vivre , et l'homme , quant à son esprit, à sa qualité non-sensible , parvient au séjour des bienbeo^ reux , sans être transporté dans quelque endroit de cet espace infini qui environne la terft et. qu'on appelle ciel ; cette hypothèse , dis-je , est plus favorable à la raison que la doctrine précédente , non-seulement à cause de l'impossibilité de comprendre une matière pensante , içaîs à cause de la contingence à laquelle est sujette notre existence après notre mort ; il semble que la vie d'outre»tombe dépende < de h consistance d'an volume de matière plus ou moins considé-

siècles, n — A cette doctrine qui , transformée en croyance historique à cause de la naissance et > du caractère peut-être surnaturel de la personne de son auteur, avait besoin d'une confirmation * par des miracles, mais qui , en tant qu'elle appartient à la croyance morale, peut se passer de toute démonstration tendant à en établir la vérité, à cette doctrine furent ajoutés, dans un livre sacré, des miracles et des mystères dont la vulgarisation même fut déjà un miracle et exige une croyance historique qui ne peut être connue que par la science et ne peut être aussi certaine sons ce rapport, que sous celui du fonds et du sens intime.

Mais toute croyance qui, en tant que croyance historique, se fonde sur des livres, requiert,

rable , arrangé selon une certaine forme ; tandis que la condition de durée d'une substance simple réside uniquement dans sa nature. — La raison ne peut rien gagner à cette hypothèse du spiritualisme supposant un corps ; car , si siibtil que soit ce corps , du moment que la personnalité repose sur une identité, il doit toujours être de la même matière que celle qui est la base dç son organisation, et nul n'a jamais éprouvé assez de jouissance à posséder ce corps pour le traîner encore dans Fétemité. La raison ne comprend pas non plus ce qu'est cette terre calcaire dont il est formé , dans le ciel , c'est-à-dire dans un autre monde , où probablement une autre matière devient la condition de l'existence et de la conservation des étrés vivants.

comme garantie de sa yérilé , un public éclairé^ auquel appartiennent les auteurs qui la jugent et la contrôlent comme feraient des contempo- ' rains à Fabri de tout soupçon de connivence particulière avec ceux qui en furent les premiers propagateurs^ et pleinement d'accord avec tous les écrivains sans interruption jusqu'à nos jours. La croyance rationnelle pure, au contraire^ n'a pas besoin d'une pareille confirmation, elle se prouve elle-même. Or, à l'époque de cette révolution religieuse qui se fit dans le peuple vainqueur des Juifs, chez le peuple romain, et chez les juifs même, il existait un public instruit qui, par une suite non interrompue d'auteurs, nous transmit l'histoire des faits contemporains et tout ce qui concernait les événements politiques; le peuple romain lui-même, sî peu soucieux des .croyances religieuses de ceux qui n'étaient pas citoyens de Rome , ne montre pas la moindre incrédulité en ce qui regarde les miracles qui se sont accomplis publiquement chez lui; mais aucun Romain de l'époque où ils s'accomplissaient ne parle de ces miracles, ni de la révolution religieuse qui s'est pourtant opérée publiquement et que les miracles déterminèrent dans le peuple soumis à sa domination. Ce ne fut que plus tard, après plus d'une génération, que les Romains se livrèrent h des recherches sur le caractère de ce

changement de croyance^ changement qui leur ëtait jusqu'alors reste inconnu^ quoiqu'il ne se fût pas^ opéré sans commotion publique ; mais ils ne firent aucune investigation dans leurs propres annales au sujet de l'histoire du commencement de cette révolution. Depuis cette époque jusqu'au temps où le christianisme se forma pour lui-même un public éclairé^ l'histoire de la croyance chrétienne est donc obscure^ et on ignore complète* ment quel effet la doctrine professée dans cette croyance produisit sur la moralité de ceux qui l'adoptèrent^ et si les premiers chrétiens furent effectivement des hommes moralement meilleurs ou des gens d'une moralité ordinaire. Mais du jour où le christianisme se fut créé un public éclairé ^ c'est-à-dire fut devenu général , son histoire, touchant l'efTet salutaire que l'on a droit d'attendre d'une religion morale , ne lui est nullement une recommandation. Gomment les extravagances mystiques pratiquées dans la vie d'ermite et dans la vie monacale, comment la plus haute estime professée pour la sainteté du célibat engendrèrentelles une multitude d'hommes inutiles à la société? comment de prétendus miracles en rapport avec ces extravagances lièrent-ils le peuple dans une superstition aveugle avec des chaînes accablantes? comment sous une hiérarchie s'imposant à des hommes libres, la terrible voix de V orthodoxie se

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fit-elle entendre par l'organe d'interprètes arrogants et particulièrement décriés^ et comment le monde chrétien se divisa-t-il en des partis exaspérés à cause d'opinions religieuses^ dans lesquelles, si on n'érige pas la raison pure en interprète ^ on ne pourra apporter absolument aucune harmonie? comment en Orient, l'État, qui se préoccupe si ridiculement des dogmes positifs des prêtres, anisi que du clergé, au lieu dç le tenir dans les étroites bornes d'une école pure et ^mple , d'où il est toujours enclin à sortir pour se mêler du gouvernement des affaires, devint-il la proie des ennemis étrangers qui mirent fin à la croyance dominante? comment en Occident, où la foi a proprement élevé son trône, un trône indépendant de la puissance temporelle , Tordre civil, ainsi que les sciences qui maintiennent cet ordre, ont-ils été ébranlés et ruinés par un prétendu vicaire et représentant de Dieu?

comment les deux parties du monde chrétien , pareilles à des végétaux et à des animaux qui approchant de la dissolution par suite d'une maladie, sont transpercés par des insectes rongeurs qui hâtent cette dissolution, ont-elles été assaillies par les barbares; comment, dans l'Occident, le chef spirituel qui commande aux rois et les châtie comme des enfants avec la baguette magique d'une menace d'excommunication, a-t-il

excité les peuples à une guerre étrangère tendant à dépeupler l'autre partie du inonde, je veux dire aux croisades; cominent a-t-il poussé aux hostilités réciproques , au soulèvement des sujets contre l'autorité de leurs rôis^ et à une haine sanguinaire contre les partisans comme eux^ mais pensant autrement qu'eux^ d'un seul et même christianisme? proclamé universel? comment le désordre , qui aujourd'hui encore est comprimé et n'éclate point violemment à cause d'intérêts politiques , a-t-il sa racine cachée dansj le principe d'une croyance ecclésiastique despotique^ et laisse-t-il toujours encore dans l'appréhension de scènes horribles? — Ces problèmes de l'histoire du christianisme^ qui se rapportent à une croyance historique et ne peuvent être résolus que par une croyance historique, pourraient^ si on les considérait « comme un tableau > d'un seul regard, justifier le mot du poëte :

Tantum religio potuit suadere malorum!

Mais il est clairement démontré , par son institution même, que le véritable objet primitif du christianisme était simplement d'établir une croyance religieuse pure sur laquelle il ne pût s'élever d'opinions contradictoires; tout; ce tumulte dont le genre humain a été troublé et qui le tient encore divisé, porte uniquement à con-

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dure que ce qui a dû, à cause d'un mauvais pen* chant de la nature humaine, servir dans le principe à introduire la croyance chrétienne, c'est-àdire à gagner par ses propres intérêts à la nouvelle croyance la nation accoutumée à l'ancienne croyance historique, devint par la suite le fondement d'une religion universelle du monde*

Si l'on demande quelle est de toute l'histoire ecclésiastique connue jusqu'à présent l'époque préférable moralement parlant, je n'hésite point à dire : c'est V époque actuelle. Pourquoi? parce qu'on n'a qu'à laisser se développer librement de plus en plus le germe de la véritable croyance religieuse, tel qu'il a été implanté récemment dans la chrétienté par quelques-uns seulement^ il est vrai, mais aussi publiquement, et attendre ainsi, après un progrès continu, la réalisation d'une Église servant à jamais de lien entre les hommes et constituant la représentation (le schème) visible d'un royaume invisible de Dieu sur la terre. — Car premièrement ^ la raison débarrassée dans les choses qui doivent par leur nature être morales et moralisantes, du joug d'une croyance établie immuablement par la vo^ lonté des interprètes, a, dans tous les pays de notre hémisphère, chez les véritables adorateurs de Dieu, adopté généralement le principe d'une juste modération dans les jugements portés sur

tout ce qui s'appelle révélation; d'où une double conséquence : comme .personne ne peut contester la possibilité d'un écrit qui renferme, quant au fond pratique, quelque chose de purement divin, cet écrit; peut (en ce qui concerne la partie historique) être considéré effectivement comme une révélation divine, et conséquemment l'associa-tion des hommes en une religion ne peut être réalisée et fermement établie sans un livre sacré, sans une croyance ecclésiastique ; d'un autre côté, comme l'esprit humain est aujourd'hui fait de telle sorte que chacun attendra une nouvelle révélation manifestée par de nouveaux miracles , la conduite la plus raisonnable et la plus droite à tenir est de constituer le livre de la révélation, puisqu'il en existe un, la base de la fondation future d'une Église, et de ne point déprécier sa valeur par des attaques inutiles ou piquantes. Il ne faut point pour cela en imposer la croyance comme nécessaire à la félicité* Secondement, comme l'histoire sainte qui n'est utile qu'à la croyance ecclésiastique ne peut et ne doit exercer absolument aucune influence par elle-même et par elle seule sur l'acceptation des maximes morales, comme cette histoire n'est offerte à la croyance ecclésiastique qu'à titre de représentation vivante de son objet véritable (de la vertu aspirant à la sainteté), comme l'histoire sainte

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doit toujours^ être enseignée, expliquée selon sa tendance à un but moràl^ et, h cause de Tirrésistible penchant du vulgaire à la croyance passive (i), être inculquée avec le soin le plus scrupuleux et à plusieurs reprises, la véritable religion ne peut résider dans la connaissance de ce que Dieu fait ou a fait pour notre sanctification^ mais bien dans ce que nous devons faire pour en être dignes. Or ce que nous devons faire ne peut être que quelque chose ayant en soi-même indubitablement une valeur absolue y quelque chose, par conséquent, d'exclusivement propre à nous rendre agréables à Dieu, quelque chose, enfin, de la nécessité de quoi chacun puisse être également et parfaitement certain sans aucune science

(i) Une des causes de ce penchant réside dans le principe suivant : on se dit avec une pleine et entière sécurité que le vice d'une religion dans laquelle on est né , dans laqiielle on a été élevé , qu'on nous a enseignée bon gré mal gré , et à laquelle on n'a proprement rien change de son propre mouvement , doit être imputé non à lious , mais à nos précepteurs , à nos maîtres , au chef chargé de la religion d'un État. C'est au nom du même principe que le changement public de religion est généralement désapprouvé ; il n'y a certainement pas d'autre motif plus profond de cette désapprobation : chacun sent en soi une complète incapacité de décider, parmi les croyances historiques y quelle est la meilleure ; on juge parfaitement inutile d'agiter cette question , tandis que partout la croyance morale est la même.

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de l'Écriture. — Maintenant , il est du devoir des gouvernements de ne point entraver la publicité' de ces principes. Cependant que n'ont-ils point osé contrairement à ce devoir! et que n'ont-ils point entrepris pour se justifier d'avoir empiété sur le domaine de la providence divine, de s'être complu dans certainesdoetrines ecclésiastiques et ' historiques qui n'avaient tout au plus pour elles qu'une certaine vraisemblance établie par l'érudition; 'd'avoir forcé la conscience des gouvernés en leur" octroyant ou en leur refusant certains avantages sociaux naguère départis à tous (i),

(i) Si un gouyernement ne regarde pas comme une entravé à la liberté de conscience la défense qu'il fait de professer piMiquement son opinion religieuse, sous prétexte qu'il n'empêche personne de penser secrètement en lui-même ce qu'il lui plaît , on le critique d'ordinaire avec ironie , et l'on dit que sa prétention d'accorder une liberté est dérisoire y attendu qu'il ne saurait abolir cette liberté. Mais ce que ne peut l'autorité supérieure temporelle, l'autorité ecclésiastique le peut : elle peut défendre telle ou telle manière de penser et l'empêcher même effectivement. Elle peut exercer une pareille contrainte, c'est-à-dire imposer l'ordre de ne penser rien autre chose que ce qu'elle prescrit , même aux dignitaires les plus puissants de l'Église. — En vertu du penchant de l'homme à croire qu'il doit à Dieu un culte stérile , que ce culte a sur le culte moral consistant dans l'observation de ses devoirs en'général, non-seulement une grande supériorité, mais qu'il est l'unique compensation, Tunique réparation de

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tactique qui, outré la Tiolation d'une liberté sacrée, *peut acquérir difficilement de bons citoyens à un État ! Qui d'entre ceux qui s'offrent pour entraver le libre développement des divines dispositions aa bien 9 ou en proposent les moyens, consentirait, après avoir interrogé sa conscience, à se porter caution de tout le mal qui peut résulter de ces

toutes les fautes, à cause de ce penchant , il est facile aux gardiens de la foi, en tant que pasteurs des âmes , d'inspirer à leur troupeau une pieuse terreur de la moindre dérogation à certains dogmes fondés sur l'histoire, et même de toute recherche à ce sujet, au point qu'ils n'osent pas même laisser surgir dans leur pensée le moindre doute âur les propositions qui leur sont imposées , car autant vaudrait prêter l'oreille à l'esprit dû mal. Il est yrai que pour secouer cette contrainte on n'a qu'à le vouloir, ce qui ne se peut dans le cas de la contrainte pat des puissances temporelles,, touchant des aveux publics; mais cette volonté est précisément ce que l'on s'interdit. Certes, cette atteinte négative à la liberté de conscience est assez blâmable , puisqu'elle conduit à l'hj^ocrisie interne ; elle ne l'est pourtant pas autant que la défense de l'exercice extérieur de la liberté de conscience. Car la violation de la liberté interne, par le progrès des prioe cipes moraux et la conscience de la liberté d'où lé véritable respect pour le devoir peut seul découler, doit insensiblement cesser d'elle-même; la contrainte de là liberté extérieure, au contraire, entrave tous les progrès légitiines dans la cqmmunion morale des fidèles ou dans l'essence de la véritable Église, et soumet entièrement la forme de cette Église aux ordonnances pelitîqties. «

violentes entreprises^ qui ont suspendu peut-être pour longtemps le progrès providentiel vers le bien, qui peut-être ont fait rétrograder les esprits, encore que nulle puissance, nulle institution humaine ne puisse jamais abolir la tendance à la perfection morale.

Enfin f le royaume céleste, suivant la direction de la Providence , est représenté aussi dans l'histoire sainte comme s'approchant lentement à certaines époques, mais ne cessant jamais de s'approcher. Or c'est le regarder comme une simple représentation symbolique destinée à exciter en nous l'espérance , le courage et le désir du bien, que d'ajouter au récit évangélique, de même que dans les livres sibyllins, une prophétie annonçant le grand changement du monde et l'établissement d'un royaume visible de Dieu sur la terre, gouverné par son représentant et son ministre descendu de nouveau du ciel; annonçant aussi le bonheur dont on jouira alors , après la séparation et l'éloignement des rebelles , de ceux qui voulaient encore entraver ce bonheur; annonçant enfin la destruction entière d'eux et de leurs chefs (^Jpocaljrpse) ; en sprte que la^n du monde est la conclusion de l'histoire. Le révélateur de l'Évangile a montré à ses disciples le royaume de Dieu sur la terre , mais par le côté moral, moralisant et splendide, c'est-à-dire au

point de vue du mérite qu'il y a à être membre de la cité divine^ et il leur a indiqué par là ce qu'ils avaient à faire^ non-seulement pour y être admis , mais encore pour s'unir avec tous les hommes de bonne volonté et, autant que possible^ avec tout le genre humain. Quant au bonheur, qui constitue l'autre partie du vœu que forme nécessairement l'humanité, Jésus prédisait à ses disciples qu'ils ne devaient point y compter pendant leur vie terrestre. U les préparait, au contraire, aux plus grandes tribulations et a tous les sacrifices; mais comme on ne peut attendre de l'homme, tant qu'il existe, ui) renoncement absolu à l'élément physique du bonheur, il ajoutait : {< Rassurez-vous et consolez-vous; tout cela vous sera compté dans le ciel. » Or l'addition à l'histoire de l'Église, touchant la destinée future et dernière >de cette Église, nous la représente enfin copime triomphante^ c'est-à-dire, après tous les obstacles surmontés , comme couronnée de succès et de prospérité sur la terre même. — La séparation des bons d'avec les méchants , laquelle, pendant la marche de l'Église vers sa perfection , ne lui aurait point été profitable , attendu, au contraire, que le mélange des méchants et des bons était directement utile et pour servir aux bons de point de comparaison et de pierre de touche, et pour tirer les méchants des

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voies du mal par l'exemple des bons , cette séparation, disons-nous, après J'étahlissement complet de l'état divin , est représentée comme la conséquence dernière de cet état ; à le considérer comme pouvoir, elle eat la preuve fondamentale de sa stabilité ; c'est sa victoire sur tous les ennemis extérieurs , lesquels sont considérés comme appartenant à un état infernal; c'est par là' que l'existence d'ici-bas finit : « Le dernier ennemi des hommes de vertu, la mort, est dompté; » et, pour les uns comme pour les autres , pour ceux qui sont sauvés et pour ceux qui se sont perdus , l'immortalité commence; la forme de l'Eglise elle-même, quelle qu'elle soit, est détruite; son chef sur la terre, ainsi que ceux des hommes qui sont élevés jusqu'à lui , comme membres de la cité céleste, formeront une classe séparée, et ainsi Dieu est tout dans tout (i)..

Cette représentation faite à la postérité dans un récit affirmatif , sans être pourtant historique,

(i) Sons cette expression, en en séparant toutefois le sens mystérieux qui dépasse toutes les limites de l'expérience possible , qui appartient uniquement à Vfdstoire sainte de l'humanité et qui ne nous concerne en rien au point de vue pratique ; sous cette expression , dis-je, il faut entendre que la croyance historique, qui, en tant que croyance ecclésiastique, requiert un livre sacré comme véhicule de l'unité des hommes ,'mais s'oppose par là à l'unité et à l'universalité de

est un sublime idéal d'une époque du monde que la foi prévoit, et qup l'introduction de la véritable religion universelle prépare insensiblement jusqu'à une complète réalisation , non une réalisation empirique et aperçue dans un immense éloignement, mais telle -que nous n ayons les yeux sur elle que pour marcher d'un pas soutenu et sans repos vers le bien suprême possible sur terre , c'est-à-dire telle que nous puissions nous mettre en devoir d'y travailler. Et il n'y a ici rien de mystique , tout ceci est au contraire moralement naturel. L'apparition de l'antéchrist, le millénarisme, la prophétie de la fin du monde peuvent trouver dans la raison un sens symbolique excellent. La fin du monde , par exemple^ représentée, en tant que fin de la vie dans un temps plus ou moins éloigné, comme un événement qui doit être prévu, exprime parfaitement la nécessité de se tenir toujours préparé pour cette •

rÉglise, s'étendra d'elle-même et se transformera en une religion pure y brillant également pour tout le monde. En conséquence, nous devons travailler activement à dépouiller la religion rationnelle pure de son enveloppe , qui n'est pas eneore superflue.

Il ne faut pas que cette enveloppe disparaisse, car elle peut toujours être utile et nécessaire comme véhicule, mais il faut qu'elle, puisse disparaître : tel est le principe intérieur et ferme de la croyance morale pure.

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fin f et, dans le fait , si l'on donne à ce symbole un sens intellectuely de nous représenter toujours effectivement comme membres élus d'un état divin, c* est-à-dire moral, w Quand donc le royaume de Dieu viendra-t-il ?» — Le royaume de Dieu ne se présente pas sous une forme visible. On ne peut pas dire : Voyez , il est ici , il est là. , Car VOYEZ , le royaume dé dieu est au dedans DE vous ! (S. Luc, 17, 21 jusqu'à 22.) (j)

(i) Dans cette parole, est représenté un royaume de Dieu, mais non d'après une alliance spéciale : ce n'est pas un royaume messianique, mais un royaume moral, connalssable parla seule raison. Le premier {regnum dwinum pactitiiun) devait tirer sa preuve de l'histoire , et était partagé alors en royaume messianique selon V ancienne alliance, et en royaume messianique selon la noui^elle. Or, il est remarquable que ceux qui honorent la première alliance , les Juifs , se sont maintenus comme tels, quoique dispersés dans le monde entier, jusqu'à ce jour, tandis qu'ordinairement les autres hommes confondent leur religion avec la religion du peuple chez lequel ils sont répandus. Ce phénomène paraît à plusieurs si extraordinaire qu'ils ne le regardent point comme conforme an cours naturel <)es choses , mais comme l'accomplissement singulier d'un décret spécial de la Providence. — Pourtant un peuple qui a une religion écrite, des livres sacrés, venant à être mélangé avec un peuple qui , comme le peuple romain (tout le monde civilisé alors), n'a point de livres semblables , mais simplement des usages, ne se confond point, religieusement parlant avec lui ; il y fait plutôt , dans un temps ou plus court ou plus long , des prosélytes. Ainsi les Juifs qui ,

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avant la captivité de Babylone , étaient accusés d'adorer les divinités étrangères, ne le furent plus après la captivité , parce que depuis lors les livres sacrés devinrent une lecture publique ; puis la civilisation alexandrine , qui devait avoir de l'influence sur eux , leur fut surtout très-favorable pour donner à ces livres une forme systématique. Les Par sis, sectateurs de la religion de Zoroastre , ont également conservé leur croyance jusqu'à aujourd'hui , malgré leur dispersion : leurs destours ont leur Zen da-Vesta. Mais les Indous, qui, sous le nom de Bohémiens, furent dispersés au loin parce qu'ils étaient de la lie du peuple , parce qu'ils étaient les Parias à qui il était expressément défendu de lire dans leurs livres sacrés, n'ont point subi le mélange avec les croyances étrangères. D'un autre côté, ce que les Juifs n'auraient pas fait pour eux-mêmes, la religion chrétienne et plus tard la mahomélane , surtout la première , le firent, parce que toutes deux présupposent la croyance juive et là connaissance des livres qufs'y rapportent , bieii que le mahométisme tienne ces livres pour faux. Les Juifs, en effet, pouvaient retrouver chez les chrétiens qui s'étaient retirés de leur communion, leurs documents primitifs, si , au milieu de leurs révolutions^ dans lesquelles leur aptitude à lire et, par conséquent, leur désir de les posséder pouvaient s'être émoussés , ils se fussent seulement souvenus qu'ils avaient eu autrefois des documents certains. Aussi ne trouve-t-on plus de Juifs, excepté quelquesuns sur les côtes de Malabar et une société dans la Chine. Les Juifs des côtes de Malabar pouvaient avoir avec leurs coreligionnaires en Arabie de constantes relations commerciales, c'est pourquoi il ne faut pas douter qu'ils ne se soient propagés dans ces riches contrées ; mais, leur croyance n^ayant aucune affinité avec les croyances qui y sont professées , ils sont tombés dans un complet oubli de leur religion. Quoi qu'il en

soit 9 s'élever à des coDsidérations édifiantes sur la conservation du peuple juif, ainsi que de leurs dogmes religieux , ai^ milieu de circonstances si préjudiciables aux uns * et aux autres, est un procédé extrêmement dangereux, car toutes les sectes peuvent y trouver leur compte. L'une, voit dans la perpétuité du peuple duquel elle ressort et dans le maintien prolongé de son antique croyance restée pure au milieu des peuples étrangers, la preuve d'une providence excellente qui la destine à régner un jour sur toute la terre ; l'autre ne voit que les ruines d'un État écroulé , qui nuisent à l'établissement d'un royaume céleste , que la Providence , par un décret particulier, maintient encore, soit pour rappeler l'ancienne prophétie que de ce peuple un Messie naîtra , soit pour montrer un exemple de sa sévère justice envers ce peuple qui s'obstina à se faire de lui une idée politique au lieu d'une idée morale.

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