‹ La religion dans les limites de la raisonChapitre 33 sur 44 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Da £iaz culte de Dieu dans une religion positive.

L'unique et vraie religion ne renferme que des lois, c'est-à-dire dés principes pratiques tels que nous avons conscience de leur nécessité absolue, et que nous reconnaissons cette nécessité comme révélée par la raison pure, et non empi-* riquement. Mais, pour faciliter la fondation d'une église, dont il peut y avoir différentes formes également bonnes , on peut admettre des statuts, c est-à-dire des ordonnances , des dispositions tenues pour divines qui, selon notre jugement moral pur, sont arbitraires et contingentes. Or, tenir cette croyance positive qui, en tout cas, est restreinte à un peuple , et ne peut comprendre la religion universelle pour essentielle au culte de Dieu en général , en faire la condition suprême à laquelle l'homme se rend agréable à Dieu, est une superstition ( religions wahn) (i),

(i) L'erreur (tuahn) est l'illusion qui consiste h prendre la simple représentation d'une chose pour équivalente à la chose elle-miême. C'est ainsi qu'un homme riche et ladre

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dont la conséquence est un faux culte, c'est-adire une prétendue adoration opposée directement au culte véritable et exigé de Dieu même.

tombe dans rerreur de Vat^arice : Tidëe qnMl peut se servir, quand bon lui semble , de ses richesses constitue pour lui la pleine possession , et il ne se sert jamais de ses trésors. L'erreur par laquelle nous plaçons notre valeur, que nous devons simplement au respect de nous-mêmes , dans la considération d'autrui pour nous , considération qui n'est au fond que la représentation externe du respect de soi-même sans doute mal entretenu intérieurement , cette erreur, dis-je , s'appelle Vamèiiion des honneurs; à cette ambition se rattache la convoitise des titres et des décorations : ce ne sont que. les représentations extérieures de supériorité sur les antres. L'aliénation if esprit est pareillement une erreur qui résulte de l'habitude de prendre la simple représentation d*une chose pour la chose elle-même , réelle et présente , et à la juger en conséquence. — Or^ la conscience que l'on possède le moyen d'atteindre une fin avant de l'avoir employé , est la possession de ce moyen en idée : par conséquent , se contenter de la conscience de la possession comme si elle pouvait équivaloir à la possession même est une erreur pratique. C'est précisément de cette erreur qu'il est ici question.

PHILOSOPHIQUE. 5o5

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