V^^ fréquentation de V Eglise y considérée
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en général comme culte extérieur solennel , est , en tant que représentation sensible de l'association des fidèles, non-seulement un précieux moyen di édification (i) pour Vindindu^ mais un devoir immédiatement obligatoire pour Tensem-
(i) Si Ton cherche une signification à ce mot, on trouve uniquement que par édification , il faut entendre la consé-quence morale de la piété par rapport au sujet. L'édification ne consiste pas dans l'ëmotion , comme si celle-ci était contenue dans l'idée de piété ; et la plupart des prétendus dévots , que l'on appelle alors bigots et qui font consister l'édification tout entière dans l'émotion , ont tort. Le terme ^^édification doit donc signifier la conséquence de la piété sur l'amélioration effective de l'homme. Quant à la chose elle-même , elle n'a pas deux moyens pour atteindre stfn but ; il lui faut se traduire systématiquement en actes ; graver profondément dans son cœur de solides principes selon des idées bien conçu.es , élever sur ces principes des sentiments conformes à l'activité diverse des devoirs correspondants, et les défendre et les prémunir contre les agressions des inclinations , et édifier ainsi-, pour user de la même expression , un homme nouveau comme un temple de Dieu. On voit facilement que cet édifice ne peut s'élever qu'avec lenteur, mais on doit voir du moin^^ qu'il doit être construit» On croit s^ édifier beaucoup par une lecture, par des chants, tandis qu'on n'eV/e^^e absolument rien; on n'a même pas rais la main à l'œuvre : apparemment on espère que cet édifice moral doit , comme les murs de Thèbes , s'élever de lui-même par la seule action d'une musique de soupirs et de désirs ardents.
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ble des fidèles comme citoyens de l'État diyin qui doit être représenté sûr la terre. Il faut supposer^ toutefois^ que cette Eglise ne renferme aucune formalité qui puisse conduire à l'idolâtrie et gêner les consciences^ telles que des invocations à Dieu personnifié dans la bonté infinie et appelé d'une dénomination qu'on donne aux hommes; cette représentation sensible de Dieu est contraire au précepte rationnel : Tu ne ien feras aucune image. Mais considérer la fréquentation des églises comme un moyen d'obtenir la grâce, croire que Dieu, comme s'il était immédiatement servi par une cérémonie qui n'est que la représentation sensible de V universalité Ae la religion , est obligé envers nous a des récompenses particulières, c'est une erreur qui s'accorde avec la manière de voir d'un bon citoyen dans un état politique et avec les convenances extérieures; mais le citoyen dans le royaume de Dieu n'a aucun profit à en retirer ; loin de la , cette erreur le corrompt comme tel , et sert à déguiser aux yeux des autres , à ses propres yeux mêmes, sous des couleurs trompeuses, le fond perverti de ses sentiments.
• 5. La consécration^ solennelle , qui n'a lieu qu'une fois , à la communauté de l'Église , cette première adoption d'un individu comme membre de l'Église, le baptême, en un mot, dans l'Église chrétienne, est une solennité très-significative, qui
impose de grandes obligations ou à Tinitië luimême s'il est en état de professer lui-même sa croyance^ ou aux témoins qui s'engagent à l'élever avec soin dans la foi. C'est une cérémonie dont le but est sain t^ puisqu'elle forme l'homme à devenir, membre de l'État de Dieu. Mais en elle-même y cette consécration n'est point sainte«: la sainteté et la disposition à recevoir la grâce divine ne peut être le résultat de l'action d'autrui même accomplie dans le sujet, et ne peut être par conséquent un moyen de grâce; bien que, dans la primitive Église grecque, le baptême ait eu la vertu excessive d'effacer à la fois tous les péchés , prétention par laquelle cette erreur montrait manifestement sa parenté avec les plus païennes, pour ainsi parler, de toutes les superstitions.
4. La solennité souvent répétée pour le renoui^ellement j la perpétuation et la propagation d'une église selon les lois de l'égalité , en un mot, la communion, qui peut avoir lieu, d'après , l'exemple et en commémoration du fondateur de l'Église, sous la forme d'un plaisir commun goûté à la même table , a quelque chose de grand, d'essentiellement propre à développer les vues mesquines, égoïstes, intolérantes des hommes, c'est-k-dire à élever leur Idée religieuse jusqu'à la communauté morale cosmopolitique; elle présente donc un excellent moyen pour parvenir à
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la confraternité morale et politique dont elle est le symbole. Mais de proclamer que Dieu a attaché à la célébration de cette cérémonie des grâces particulières, et d'adopter comme article de sa croyance le dogme par lequel cette solennité^ qui est simplement un acte ecclésiastique, est pourtant aussi un moyen d'obtenir la grâce , c'est une double erreur qui n'est rien moins qu'opposée diamétralement à l'esprit de la religion. — Le sacerdoce ne serait donc que l'usurpation de la domination sur les âmes^ et son autorité serait basée sur la possession exclusive des moyens d'obtenir la grâce.
Toutes ces illusions artificielles en matière de religion ont un principe commun. L'homme, parmi les propriétés morales de Dieu, la sainteté, la grâce et la justice , choisit ordinairement la seconde et s'y attache immédiatement, croyant éluder la condition terrible de la grâce, à savoir la satisfaction à l'exigence de la sainteté. Il est pénible d'être un bon serviteur : on n'entend parler alors que de devoirs; l'homme aimerait mieux être un fa^ori^ envers qui on eût beaucoup d'indulgence, et pour qui, dans le cas de la plus grave infraction du devoir, tout, par l'intermédiaire d'un puissatit protecteur, pût être réparé, quitte à rester toujours dans l'esclavage. Mais en pratiquant cette manière de voir et en se
contentant des apparences^ il transporte, comme cela arrive ordinairement, l'idée qu'il a de l'homme avec tous ses défauts, à la Divinité même; et tout comme de la part du meilleur chef de notre espèce^ la sévérité législatrice, la grâce bienfaisante et la justice rigoureuse ne produisent point, comme cela devrait avoir lieu^ isolément et chacune par elle-même, l'efTet moral des actes du sujet, mais comme elles se mêlent dans la pensée du chef humain lorsqu'il prend ses conseils, et comme on a besoin de chercher à satisfaire seulement l'une de ces attributions, savoir, la sagesse fragile de la volonté humaine, alors l'homme espère qu'il doit agir ainsi avec Dieu, en s'attachant exclusivement à la grâce. Par conséquent, pour la religion même, il est important de séparer les précédentes propriétés de Dieu, ou plutôt ces rapports de Dieu à l'homme, au moyen de l'idée d'une triple personnalité dont la grâce n'est regardée comme un élément que par analogie , et dont chacun des éléments peut être connu en particulier. A la fin, l'homme s'attacha à toutes les formalités possibles pour faire voir combien il respectait les commandements divins, se dispenser mais de les observer^ et comme ses vœux stériles pourront même servir à réparer les transgressions de la loi , il s'écrie : Seigneur! Seigneur! et croit alors n'être point obligé
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« de faire la volonté de son père céleste ; » il se représente ainsi les solennités^ qui ne doivent servir qu'à la vivificatiori des vrais sentiments pratiques , comme des moyens réels d'attirer la grâce; il prétend même que ce sont des éléments essentiels de la religion, et la foule la fait toute consister dans ces solennités ; il abandonne à la bonté de la Providence le soin de le transformer en. un homme meilleur, il s'attache à la solennité, manifestation du respect passif de la loi divine, au lieu de s'attacher à la vertu, qui est l'emploi de nos propres forces, pour accomplir le devoir qu'il honore. La vertu n'a pourtant rien de commun avec une solennité^ mais elle peut constituer l'idée que l'on conçoit par le terme de piétéy qui indique le véritable sentiment de la religion. — Mais lorsque la présomption de ce prétendu favori du ciel va jusqu'à lui faire imaginer, dans son délire^ qu'il sent en lui quelques effets de la grâce, jusqu'à le faire prétendre à l'intimité dW mystérieux entretien avec Dieu, la vertu alors lui inspire de l'aversion, et elle est à ses yeux un objet de mépris. Il ne faut donc pas s'étonner si l'on se plaint hautement que la religion jusqu'ici ait si peu contribué à l'amélioration de l'homme , et que la lumière intérieure des enfants de la grâce, (c tenue sous le boisseau», ne brille plus au dehors par les bonnes