‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 107 sur 241 · Confessions, VIII, 163. <(%gy · texte numérisé non relu

Confessions, VIII, 163. <(%gy

2. Publiées intégralement, pour la preniilff fois, par M. Th. Dufour [38], 221-229.

jamais, qu'une vie innocente et tranquille, exempte du vice, de la douleur, des pénibles besoins, la mort des justes et leur sort dans lavenir. Du reste, cet acte se passait plus en admiration et en contemplation qu'en demandes; et je savais qu'auprès du dispensateur des vrais biens, le meilleur moyen d'obtenir ceux qui nous sont nécessaires est moins de les demander que de les mériter i ». Les prières dont je vais parler apportent à ce texte la meilleure des illustrations, mais elles le corrigent ou le complètent sur certains points. Elles sont malheureusement trop longues pour être citées en entier. 11 le faudrait pourtant, si l'on voulait en faire sentir toute la sincérité ou plutôt la spontanéité. Ces prières du jeune Jean-Jacques sont abondantes, et même redondantes; elles se déroulent avec complaisance et attendrissement, n'abandonnant qu'à regret les idées qu'elles ont d'abord évoquées. On sent qu'elles ont dû être, pour celui qui les a faites, bien moins l'accomplissement d'un devoir qu'une satisfaction de toute l'âme. La première nous retiendra bientôt par tout ce qu'elle a gardé de souvenirs genevois; mais, sauf un mot rapide sur « notre union », elle se maintient dans une adoration et des désirs généraux. C'est la prière qui peut être adressée par tout être humain au Créateur et Père commun. L'autre, beaucoup plus longue, d'ailleurs, et plus ardente, aboutit bientôt à un examen de conscience et à des résolutions personnelles, où le cœur se met tout entier. L'accent est grave, recueilli, émouvant :

Dieu tout puissant, Père éternel, mon cœur s'élève en votre présence, pour vous y offrir les hommages et les adorations qu'il vous doit; mon àme, pénétrée de votre immense majesté, de votre puissance redoutable et de votre grandeur infinie, s'humilie devant vous, avec les sentiments de la plus profonde vénération et du plus respectueux abaissement.... Mais, ô Dieu du ciel, si votre puissance est infinie, votre divine bonté ne

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