‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 129 sur 241 · Préface de la LcUre à D'Aleinbert, I · texte numérisé non relu

Préface de la LcUre à D'Aleinbert, I

5. Letlie à M. de Saint-Germain, du 26 février 1770, XII, 192, noie. Confessions, VIII, 277, note. M. J. Morel a contesté l'affirmation de Rousseau [600"'"], 120-126, mais son argumentation ne m'a pas paru probante. Au reste, il montre fort bien lui-même (126-138) l'influence de Diderot sur le second Discours, qui « est le développement de la Pensée LVIII » de V Interprétation de la nature.

La reHgion de J. J. Rousseau. — L 10 .

talent et de la dignité ', le cite 2, et, ce qui vaut mieux, le médite et l'utilise. Telle formule de Diderot^ sera pour lui matière à réflexions incessantes. Aucune pensée n'est alors si étroitement mêlée au développement de la sienne que la pensée de Diderot. Il connaît le Diderot intégral, cela va sans dire, non pas seulement celui qui prépare des articles orthodoxes pour V Encyclopédie *, ou qui commente avec prudence le « vertueux Shaftesbury '■' », celui qui n'ose pas se livrer tout entier même dans les Pensées philosophiques ou dans la Lettre sur les aveugles, celui qui réserve à ses intimes des réllexions plus libres et la primeur de ses manuscrits impubliables. Nul doute, qu'entre 1745 et 1750, Rousseau, n'ait lu avec son ami la Promenade du sceptique, la Suffisance de la religion naturelle, et peut-être même les Additions aux (( Pensées philosophiques » ^ Mais ces pages posthumes ne traduisent qu'imparfaitement la physionomie du Diderot d'alors et la hardiesse de ses discours ; et, bien qu'ils soient postérieurs d'une dizaine d'années, c'est peut-être ses Salons et ses Lettres à Mlle Volland qui nous z'endraient le mieux l'auteur des Pensées philosophiques, avec le son de sa voix et l'exubérance de son geste, tel que Rousseau l'a vu, entendu et aimé. Avait-il déjà sa haine si franche contre « cet abominable christianisme », contre « l'abominable croix », comme il dira plus tard'? Peut-être s'cxprimaitelle alors en mots moins énergiques; mais jimagine que, dans l'intimité du tête-à-tête avec Jean-Jacques, il devait prendre sa revanche des notes édifiantes de l'Essai g^ir la vertu ou de la profession de foi catholique des Pen-

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