‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 130 sur 241 · Essai sur ta peinture, Salon de 1703 [100], X · texte numérisé non relu

Essai sur ta peinture, Salon de 1703 [100], X

LE MALAISE « PUILOSOPHIQUE ». 147

sées 1 par ([uelque brutal sarcasme. La Promenade du sceptique, où il a pu s'exprimer librement, est du mauvais Diderot : on n'y retrouve ni sa fougue ni son intelligence : c'est une fiction allégorique, dont les ironies veulent -être voltairiennes et ne sont que niaises. L'histoire et les dogmes du christianisme y sont transposés sur le mode burlesijue; et cette fastidieuse bouffonnerie dirait assez l'animosité de Diderot contre toute la morale et la pensée chrétiennes, si le Discours préliminaire ne semblait s'arrêter avec quelque sympathie devant le Christ de l'Évangile, et ne semblait vouloir opposer sa philanthropie humanitaire à la religion fanatique qui se réclame de lui en lui tournant le dos 2. Peu importent, d'ailleurs, les atténuations, plus ou moins nuancées, dont Diderot essayait alors de tempérer son mépris du christianisme : ce mépris ne pouvait échapper à Jean-Jacques.

Au sortir de cette « allée des épines », dont il fuyait avec horreur les prêtres et les théologiens, Diderot se jetait aux pieds de la nature avec tout ce qui lui restait de foi et de ferveur amoureuse. En attendant de n'avoir d'autre religion que la religion de la nature, il prêchait la religion naturelle, comme la plus sensée, la plus raisonnable, la plus ancienne, la seule universelle et vraiment divine, et il lui réservait les promesses de l'avenir ■''. « Tandis que les cultes humains, disait-il, continueront de se déshonorer parleurs extravagances et leurs crimes, la religion naturelle se couronnera d'un nouvel éclat; et peut-être fixerat-elle enfin les regards de tous les hommes, et les ramènera-t-elle à ses pieds ; c'est alors qu'ils ne formeront qu'une société; qu'ils banniront d'entre eux ces lois bizarres qui semblent n'avoir été imaginées que pour les rendre méchants et coupables, qu'ils n'écouteront plus que

1. Essai sur le mente et la vertu [263], 3'J note; Pensées philosophiques [264], 153.

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