Cf. sa lettre à M. Dupin, du 22 mai
5. Cf., dans mes Questions de chronologie rousseauisle [635], 41-45, les rectifications de lecture que j'ai api)ortées au texte puhlié, et les
LE MALAISE « PHILOSOPUIQUE ». 153
Certaines dentre elles nous apportent des renseignements précis sur la transformation de ses croyances. « La manière dont on s'y prend pour enseigner les enfants lui paraît insensée et ridicule »; et c'est surtout dans l'éducation religieuse qu'il va chercher ses preuves : « On leur parle, dit-il, d'un Dieu en trois personnes, dont aucune n'est l'autre et dont chacune est pourtant le même Dieu, du mystère de l'Eucharistie, où un espace de cinq pieds est contenu dans un espace de deux pouces, du péché originel, pour lequel nous sommes punis très justement des fautes que nous n'avons pas commises, de l'efficacité des sacrements, qui opèrent des vertus dans l'âme par une application purement corporelle, toutes matières où la meilleure tête n'a pas assez de force pour concevoir quelque chose * ». L'homme qui a écrit ce petit réquisitoire contre le credo catholique est bien le même qui, quelque douze ans plus tard, dans la Lettre à DWleinbert, ne refusera pas son acquiescement aux <( vérités incompréhensibles » de la religion, comme <( le dogme de l'existence de Dieu » et les « mystères admis dans les communions protestantes », mais se rebellera formellement contre les mystères catholiques : « Si vous me dites qu'un espace d'un pouce est aussi un espace d'un pied, vous ne dites point du tout une chose mystérieuse, vous dites, au contraire, une absurdité lumineuse et palpable, une chose évidemment fausse - ». Un autre paragraphe, ajouté dans la révision du mémoire, achève de souligner cette émancipation confessionnelle. Le futur théoricien de la bonté de
conséquences qui en r(''3ultent pour rélablissement de la date. Le titre exact de ce morceau est Mémoire présenté à M. de M [ably] pour Véducation de M. son fils. Au reste, puisque Jean-Jacques remettait ce Mémoire à M. Dupin en 1749 — du moins, c'est là l'hypothèse la plus vraisemblable pour expliquer sa présence dans le « portefeuille de Mme Dupin », — on peut supposer qu'il en acceptait alors les idées essentielles; et ainsi ce texte resterait encore un document autorisé pour la connaissance de Rousseau en 1749.