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LE MALAISE « PUILOSOPllIQUE ». 1S7
De telles aflirmalions supposent une croyance rassise; L-chii-!à seul qui ne s'est jamais compté parmi « les incrédules )) peut leur donner une pitié aussi méprisante. 11 s'en Tant, d'ailleurs, que Jean-Jacques en soit réduit alors à la religion naturelle. Il n'est plus catholique, cost certain; il a jeté par-dessus bord dogmes c\ pratiques de l'Église romaine; il entend voir clair en religion et ne fonder la sienne que sur « l'évidence et la démonstration »; mais il est loin d'avoir renoncé au christianisme, de le regarder couime un <' conte de vieille » et de (c mettre Jésus-Christ et la \'ierge au rang de Cendrillon et du I^etit Poucet ». C'est là, dit-il, qu'on en arrive à vingt-cinq ans, si l'on s"en est tenu au.\ <( discours absurdes » et aux <( leçons inintelligibles » des catéchismes et des prêtres; et il laisse ainsi entendre qu'il a su, quant à lui, sauvegarder l'essentiel'. De même, en écrivant à Altuna, il paraissait vouloir faire le départ entre le christianisme et la théologie où on tente de l'enfermer; et, après avoir posé, avec une certaine hauteur, les principes rationalistes que l'on a lus, il vantait « la pai.x et la félicité qu'on trouve à se conduire selon les divins et sublimes principes du christianisme ». Se croyant alors « aux approches de la mort», « il se consolait dans l'espérance du bonheur éternel, que j'espère, disait-il à son ami, partager avec vous dans Je sein de mon Créateur - ».
En dépit donc des apparences, Jean-Jacques reste chrétien. C'est un aspect du dualisme où sa vie d'alors se débat : tout entière, semblait-il, absorbée et tourmentée par les soucis de gloire et l'arrivisme parisien; dans le fond, reprise déjà par ce rêve bucolique qui sera la hantise de sa vie, et qu'il ne réalisera qu'en des heures trop