Réponse à M- Borde, I, 50, noie
dans leurs thèses les plus chères : il vante les bienfaits de l'ignorance ', prêche rhumilité de l'esprit-, exalte même la chasteté, s'indigne « qu'elle ait pu devenir une vertu basse et monacale, capal^le de rendre ridicule tout homme, e presque toute femme, qui oserait s'en piquer », et magnifie les grands continents de l'histoire ^. Enfin il revient à la philosophie elle-même; et, reprenant contre elle tous les sarcasmes de son Discours, il les pousse devant lui avec une violence et une joie qui sentent l'assaut et presque le corps à corps : « Le goût de la philosophie, écrit-il dans la préface de Narcisse, relâche tous les liens d'estime et de bien veillance qui attachent les hommes à la société; et c'est peut-être le plus dangereux des maux qu'elle engendre.... Le mépris du philosophe pour les autres tourne au profit de son orgueil ; son amour-propre augmente en même proportion que son indifférence pour le reste de l'univers. La famille, la patrie deviennent pour lui des mots vides de sens; il n'est ni parent, ni citoyen, ni homme, il est philosophe «. Et, pour faire sentir au lecteur que ces Ilèches ironiques ne se perdaient pas dans le vide, mais que c'était bien aux « philosophes « de sa génération qu'elles étaient destinées, il ajoutait cet aveu : « Toutes les fois que je songe à mon ancienne simplicité, je ne puis m'empêcher d'en rire. Je ne lisais pas un livre de morale ou de j)hilosophie, que je ne crusse y voir l'âme et les principes de l'auteur. Je regardais tous ces graves écrivains comme des hommes modestes, sages, vertueux, irréprochables. Je me formais de leur commerce des idées angéliques, et je n'aurais approché de la maison de l'un d'eux que comme