Id., I
3. Réponse à M. Borde, I, 50, note. — Quelques années plus tard, le rédacteur du Journal encyclopédique du T' janvier 1756 [61], I, 61-62, trouvera très plaisant que la Pucelle d'Orléans ait tenu à honneur d'affirmer sa virginité et l'ait « regardée comme une chose très essentielle >•; et il ajoutera, en manière d'excuse : « il faut pardonner cette simplicité à son siècle; il y a plus de trois cents ans qu'il est passé, et ce préjugé n'est plus le tyran de nos jours ».
d'un sanctuaire. Enfin je les ai vus; ce préjugé puéril s'est dissipé, et c'est la seule erreur dont ils m'aient guéri '■ ^>.
Cette amère confession a été rendue publique au début de 17;J3. Si nous n'avions pas les lettres que Jean-Jacques écrivait alors, nous pourrions croire que sa mémoire l'a trompé, et qu'à ce moment déjà la rupture est définitive entre les « philosophistes » et lui. Il n'en est rien pourtant; et, bien au contraire, leur amitié n'a pas encore atteint toute son intimité. C'est que la conversion de Rousseau s'est faite par étapes, et qu'elle s'étend, à vrai dire, sur un espace de huit à dix années : il y travailla « lentement et à diverses reprises », nous dit-il lui-même 2 ; et ce n'est pas en un jour que la révélation de Vincennes développa toutes ses conséquences. J'avais secoué, nous dit-il encore, le joug de l'opinion, mais non celui de lamitié : « Tandis que je foulais aux pieds les jugements insensés de la tourbe vulgaire des soi-disant grands et des soi-disant sages, je me laissais subjuguer et mener comme un enfant par de soi-disant amis ». Il ajoute, dans les Confessions, que ces faux amis, sous prétexte de l'entourer et de chercher son bonheur, « ne s'occupaient, en effet, qu'à le rendre ridicule^ »; mais ici sa folie a déformé ses souvenirs : ce n'est pas lui seulement qui voulut alors rester fidèle à ses amis; ce sont ses amis qui se parent de lui, et qui se laissent séduire, sinon convaincre, par son éloquence. D'Alembert, lui-même, dans la préface de V Encyclopédie, ne le combat que mollement et amicalement; il semble même prendre à son compte une partie des observations du Discours sur la société contemporaine : « L'abus de l'esprit, avoue-t-il '-, est inséparable de la culture de l'esprit.... Les lettres contribuent certaine-