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parle de sa réserve, de sa « politesse timide >>, allant même jusqu'à (f l'humilité obséquieuse ». Il faut se défier de Marmontel et de sa mémoire rancunière; mais il confirme, à sa façon, les souvenirs de Rousseau, et nous le montre, lui aussi, très choyé par ses amis, entouré de prévenances, conmie un dieu nouveau qu'on ménage '.
Les intransigeances de Jean-Jacques, ses amertumes, ses révoltes, sont devenues, semble-t-il, toutes cérébrales : il ne voit pas, ou ne veut pas voir encore, les contradictions vivantes que lui imposent ses amitiés. Pendant les années 17o3 et 17j4, les témoignages abondent, sous sa plume, de sa confiance en ses amis et de la joie qu'il reçoit par eux : << Vous me félicitez sur le choix de mes amis, écrit-il à Borde en 1753 ; vous avez raison, jamais homme ne fut plus heureux que moi à cet égard 2 ». L'année suivante, même déclaration : « La seule société qui m'ait paru désirable est celle qu'on entretient avec ses amis, et j'en jouis avec trop de bonheur pour regretter celle du grand monde ^ ». Même quand il sera revenu de Genève, authentiqucment citoyen et chrétien réformé, il se sentira tout désemparé en ne retrouvant pas à Paris les deux ou trois inséparables dont il jouit quotidiennement K Bien loin d'avoir rompu avec ses relations d'autrefois, il en a élargi le cercle. Depuis qu'il est devenu célèbre, il s'est fait un ami de plus parmi les « philosophes », un ami qu'il gardera même après la tragédie de l'Ermitage, c'est Duclos \ A ce précieux « ami », d'autres « connaissances » sont venues s'adjoindre 6, comme Boulanger, qu'il retrouve chez son compatriote, « le bonhomme Mussard », — l'abbé Prévost, dont l'affectueuse cordialité le charme -, — Marmontel, et
L Mémoires [147], I, 233-254.