Interprétation de la nature
4. .\otes du Discours, I, 144, et dans la Lettre sur la musique française (1753) la note élogieuse sur la langue de Diderot, « langue des philosophes et des sages .., VI, 169; cf. encore VI, 182.
5. Année littéraire de 1754 [59 B], 1, 14; et quelques lignes plus haut : « Vous seriez assez simple pour croire qu'il s'agit de notre grand poète lyrique. Non, Monsieur, il est question de M. Rousseau, de Genève, qui trouve ici un petit retour de la part d'un écrivain qu'il a lui-même exalté plus d'une fois ».
de proclamer Voltaire <c le maître dans l'art d'écrire de tous les hommes vivants J » : il salue en lui « notre chef à tous 2 „. Et, de fait, en dépit de sa perruque ronde et de ses bas noirs, il semble, comme tous les philosophes de son temps, se résigner sans déplaisir aux compromis quotidiens avec cette civilisation qu'il abomine : il fréquente les théâtres et l'opéra, fait jouer ses pièces, s'engage avec l)assion dans la guerre des deux musiques, et conduit à la bataille la petite troupe « des vrais connaisseurs, des gens à talent, des hommes de génie ^ » ; c'est en « philosophe » qu'il se met à leur tète; et il se proclame tel avec complaisance et fierté \ Le Devin du village, Narcisse, la Lettre sur la musique française, sont d'un adversaire de la vie parisienne, qui semble s'accommoder assez bien de la corruption de son siècle, et qui n'attend qu'un autre succès, comme celui du Devin, pour se réconcilier avec Paris. Quand paraîtra l'article Encyclopédie, en novembre 1755, Diderot n'aura pas de plus fervent admirateur que le « barbare » du premier Discours ■\ C'est donc, pourrait-on croire, que Jean- Jacques a fait siennes toutes les espérances des encyclopédistes, qu'il approuve leurs audaces de pensée, qu'il demande avec eux qu'on brise « les dernières barrières » qui s'opposent encore à « la raison », qu'on « foule aux pieds toutes ces vieilles prétentions des siècles pusillanimes du goût», qu'on « renverse l'édifice de fange des préjugés nationaux », qu'on affranchisse de plus en plus les sciences et les arts, et qu'on les regarde, ainsi libérés, « faire des pas immenses sous l'empire de la philosophie '' ... A ne juger les choses que du dehors, la méprise de Fréron n'était-elle pas excusable? et Jean- Jacques n'aurait-il pas oublié que, quatre mois plus tôt