‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 161 sur 241 · Lettre du 20 avril 1751, X · texte numérisé non relu

Lettre du 20 avril 1751, X

enfants ». « Ce ne serait pas la peine d'avoir des gens, dira-t-il au comte de Lastic S s'ils ne servaient à chasser le pauvre, quand il vient réclamer son bien )>. En face de « tous ces tas de désœuvrés payés de la gratssc du peuple », cet ouvrier épris de justice, mais qui s'exalte dans sa roture, ne sait déjà à quel sentiment s'abandonner davantage, de la haine ou du mépris -.

Ainsi, dans ce Paris, où il continue à vivre, et où il fait figure d'homme de lettres, en apparence acclimaté, une immense déti'esse l'enveloppe peu à peu, où il entre de l'inquiétude, de la révolte, et un besoin, chaque jour plus impérieux, de s'évader : oh! pouvoir fuir le « fracas » et « les affreux charivaris » de la capitale ^, retrouver la paix et la solitude des champs! mais, plus encore peut-être, échapper par la pensée à cette atmosphère étouffante où son âme s'anémie, à ces humiliations sociales dont l'amertume ne sapaise point, à ces doutes qui stérilisent et affolent son cœur! L'histoire de Rousseau nous offre, durant ces années intermédiaires, plusieurs de ces tentatives d'évasion; et c'est là que le vrai Jean-Jacques s'est réfugié. La campagne, un peu délaissée depuis son retour de Venise, a repris pour lui sa séduction; et toutes les fois maintenant qu'il peut s'enfuir de Paris, on le trouve au village ou dans les bois. « Rebuté de cette vie tumultueuse, écrit-il dans les Confessions'', je commençais à soupirer ardemment après le séjour de la campagne ; et ne voyant pas que mon métier me permît de m'y établir, j'y courais du moins passer les heures que j'avais de libres ». Il fait de petits séjours délicieux à Passy, chez son ami Mussard, à Marcoussis, chez le vicaire du village '. Quand il veut méditer sur le « grand sujet » que l'académie de Dijon vient, pour la seconde fois, de lui soumettre, il s'en va

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