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LE RETOUR A LA RELlGIOiV NATIONALE. 187
vivre huit jours à Saint-Germain, ou plutôt dans la forêt de Saint-Germain ; et la forêt lui révèle « les premiers temps », lui fait retrouver au fond de lui-même l'homme de la nature, et, dans des « contemplations sublimes », « rélève auprès de la Divinité ». Souvent, depuis qu'il a retrouvé son petit appartement de la rue de Grenelle, il passe des après-dinées solitaires au bois de Boulogne, « et ne revient qu'à la nuit ^ ». C'est aloi-s, sans doute, qu'il rapporte au logis des bouquets amoureusement nuancés, et qu'il déclare à Diderot qu'il veut ouvrir une école de bouquetières -. Pour qui a bien compris ce malaise de Jean-Jacques à Paris et son besoin de s'en évader, le Devin du village n'est plus seulement le témoin des contradictions de son auteur, de celui qui maudit les arts et les lettres, en continuant à les servir; c'est surtout, grâce à la musique, une tentative pour échapper à la vie factice des salons, pour se réfugier au village, où « l'on sait mieux aimer », parmi « la simple et naïve nature^ ». U Avertissement, qui a paru d'une si candide impertinence, confirme cette interprétation : (( Cet ouvrage, dit-il, n'ayant été fait que pour mon amusement, son vrai succès est de me plaire* ». Jean-Jacques veut dire parla que cette pastorale, conçue dans une maison de campagne*, est faite pour prolonger en lui le souvenir des champs, et pour maintenir son imagination dans une heureuse Arcadie. Ses rêveries sur rhomme primitif répondent au même besoin : elles créent autour de lui comme une solitude innocente, où il peut se retirer et retrouver la nature. Un opuscule inachevé, qu'on pourrait croire d'abord un pur badinage scientifique, me paraît apporter, lui aussi, un témoignage bien significatif. Aux environs de 1752 S Jean-Jacques