‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 176 sur 241 · Œuvres diverses de M. Abauzit [86], I, p. vu · texte numérisé non relu

Œuvres diverses de M. Abauzit [86], I, p. vu

adoralion en esprit et en vérité » que son Vicaire allait bientôt proclamer le devoir religieux par excellence' Le petit traité Des mystères de la religion dut le satisfaire pleinement ; (c II y a contradiction, affirmait Abauzit, à dire qu'un dogme est révélé et qu'il est incompréhensible.... Ce ne sont point les dogmes difficiles et abstraits qui doivent le plus attirer notre attention...; ce qui doit le plus nous occuper, c'est la méditation des vérités claires et à notre portée que la religion renferme.... C'est l'étude et la pratique de nos devoirs, c'est là ce qui doit faire notre principale étude- ». Quand enfin il arrivait à Jésus lui-même, et voulait préciser « l'honneur qui lui était dû », il multipliait les témoignages de vénération pour « le grand et l'infaillible docteur », s'humiliait « devant le roi des rois, respectait en lui l'image et le chef-d'œuvre de Dieu », mais « sauvait clairement les droits du Créateur ^ ». Jean-Jacques ne sera pas plus hardi; et, en songeant qu'à ce théologien d'avant- garde la Compagnie des pasteurs réservait un siège d'honneur dans ses temples, il devait se sentir rassuré sur sa foi.

Il aurait pu cependant s'apriv^cNoii' que le clergé de Genève n'était pas toujours très iiiduii^n'ut pour les esprits trop libres, qui affirmaient tout haut ce que plus d'un ministre pensait tout bas, et qui prétendaient émanciper leur croyance de la tutelle ecclésiastique. Béat de Murait et Marie Huber pouvaient en témoigner*; et Jean-Jacques les connaissait. Je croirais même, sur certains indices précis, que c'est durant son séjour à Genève qu'il est

1. Al)auzit, Lettre à une dame de. Dijon [SG], 1, 201; Profession de foi [47], 311.

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