‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 177 sur 241 · De l'honneur dû à Jésus-Clirist [80], I · texte numérisé non relu

De l'honneur dû à Jésus-Clirist [80], I

4. Cf. sur les persécutions ou tracasseries que Murait eut à subir des pasteurs de Genève comme du gouvernement bernois, le livre d'Otto de Greyerz [563], 15-27. Sur les réfutations des doctrines de Marie Huber par les pasteurs calvinistes, cf. les livres de Rucliat [234], De Roches [247], Bouliier [252], et ceux de Zimmerman et Breitinger cités par Vernet, Vérité de ta religion [251], III, p. xiv-xvi.

entré dans rintimité de leur pensée. Il avait peut-être entendu parler d'eux aux Charmettes ou à Lyon ^ ; mais l'exemplaire des Lettres sur les Anglais et les Français, dont il copiera et annotera plusieurs morceaux dans ses cahiers de brouillons, appartient à la dernière réédition du livre, parue en 1747 2. Il me semble dès lors peu probable que les conversations ou les lectures de Paris l'aient engagé à fréquenter Murait; et je supposerais plus volontiers que ce furent ses amis genevois qui lui firent connaître cette œuvre si vigoureusement helvétique. En fait, c'est dans le premier écrit qu'il a publié après son retour de Genève que le nom de Murait es-t cité par lui pour la première fois ^. Nous sommes mieux renseignés sur ses lectures de Marie Huber; et nous savons que c'est à Genève, en 17o4, qu'il acheta la troisième édition de VÉtat des âmes séparées des corps ^, témoignage certain de sympathie, ou tout au moins de curiosité, pour l'œuvre de la célèbre théologienne genevoise, qui venait de mourir l'année précédente.

Si donc il n'avait pas encore lu la Religion essentielle, on peut légitimement conjecturer qu'il le fit alors. Il n'eut point de peine à se familiariser avec cette pensée rudimentaire et candidement audacieuse, un peu fatigante et presque agaçante par sa monotonie, mais qui trouve une force dans le petit nombre même de ses principes, inlassablement

l.J'ai indiqué plus haut, p. 84, qu'il était possible que Jean-Jacques eût commencé à connaître Murait par Mme de Warens. Vernet, Lettres critiques d'un voyageur anglais [318 BJ, I, 226, note, conjecture que Rousseau a pu connaître Marie Huber, pendant son séjour à Lyon. C'est à Lyon, en effet, qu'elle a passé presque toute sa vie; et elle venait d'y écrire la Religion essentielle, quand Jean-Jacques y arrivait; mais la petite colonie prolestante à laquelle elle appartenait devait se tenir assez à l'écart, et il est peu vraisemblable que le précepteur des Mably, l'ami de Borde et de Parisot, soit entré en relation avec les Huber.

2. [6], 16"'''-21''". Je parle de la dernière réédition avant le séjour à Genève [212]. Il y en eut une autre en 1753.

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