‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 184 sur 241 · Préface et Discours, I, 79 et · texte numérisé non relu

Préface et Discours, I, 79 et

5. Cf., par exemple, Buffon, Réponse à MM. les députés et syndic de la faculté de théologie, du 12 niars 1751 [270], IV, p. v-x, xi-xvi ; Diderot,

et Sorbonne, ce sont des concessions toutes verbales, d'ironiques révérences, qui libèrent l'écrivain pour le reste de son ouvrage. On serait tenté de croire que Rousseau a repris pour son compte cette prudente tactique. On l'est d'autant plus, qu'après s'être placé soi-disant en dehors de l'histoire, il donne à son exposé une allure chronologique : « il parcourt comme un trait des multitudes de siècles », et semble bien présenter comme autant d'étapes les différents états de l'humanité ^

Néanmoins, j'hésiterais à penser que les déclarations de Rousseau fussent ici de simples liypocrisies protocolaires. Outre qu'elles seraient dans son œuvre les seules de ce genre, je croirais plutôt qu'elles traduisent un sentiment profond, mais insuffisamment éclairci. Ce n'est pas seulement dans le Discours sur Vinégalité qu'il a reconnu « l'homme primitif » pour un être « imaginaire ^ », et qu'il a fait bon marché des « témoignages incertains de Thistoire ^ ». C'est môme une des tendances maîtresses de son esprit, dont nous aurons plus loin à tenir compte, que cette indifférence pour les données historiques des différents problèmes qui sollicitent son intelligence, et, plus particulièrement, du problème religieux. J'admettrais donc que, dans ce second Discours, les idées de Rousseau n'étaient pas encore arrivées à une cohérence parfaite, et que lui-même, incertain entre elles, « ballotté de l'athéisme au baptême des cloches », ne parvenait pas encore à supprimer celle-ci au profit de celle-là. Rationnellement, il est alors aussi près que possible de la philosophie encyclopédiste; il chemine encore avec admiration, derrière « ces nouveaux Hercules » qui s'appellent Diderot, Ruffon, Condillac et D'Alembert'\ Mais déjà son

Interprétation de la nature [288], 7; Maupertuis, Essai sur la formation des corps organisés, § XXVII [279], 154-155, etc.

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