‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 192 sur 241 · RELIGIEUX · texte numérisé non relu

RELIGIEUX

PAR LA PENSÉE DU XVlir SIÈCLE

(( Vous serez seul de votre parti peut-être », dira bientôt le Vicaire Savoyard à son prosélyte '. N'était-ce pas, en effet, le geste d'un rêveur excentrique de vouloir rentrer dans une Église, sans en avoir la foi? Mais,^ si nul autre, au xvni" siècle, n'a osé renouveler, que je sache, cette « conversion » paradoxale, les idées qui la justifiaient aux yeux de Jean-Jacques, et qu'il présentera quelques années plus tard dans sa Profession de foi, n'étaient point sans famille ni sans vitalité. On ne ()eut pas dire que ce fussent les idées d'une génération, car la génération à laquelle il appartenait semblait plutôt séduite par ce qu'il appellera « l'orgueilleuse philosophie- »; pourtant c'était des idées qui couvaient autour de lui, et dont il va faire un incendie.

Il est vrai que Rousseau, dès son premier Discours, apparaît dans l'arène, comme un athlète solitaire et nu. 11 le dit, du moins •'; et peut-être il le pense. Mais, si on l'a pensé avec lui, c'est que la beauté, l'émotion et l'ardeur de

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