‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 204 sur 241 · Mmah, Lellres fanatiques [2i:b · texte numérisé non relu

Mmah, Lellres fanatiques [2i:b

4. Cf. Profession de foi [47], 447-441) : « Jamais, disent-ils, la vérité iTcîst nuisible aux honinies; je le crois comme eux, et c'est à mon avis, une grande preuve (jue ce qu'ils enseignent n'est pas la vérité ». On verra plus loin que cette unanimité des •< pliilosophes » et de leurs adversaires n'est qu'apparente et (ju'ils n'entendent point dans le môme sens « l'utilité de la vérité ».

LA PREPARATION DU ROUSSEAUISME RELIGIEIX. -yM

morale pour discerner les idées du bien et du maP ». Mais, à mesure que les philosophes empiristes multiplient les observations et les comparaisons sur les coutumes des différents peuples et « les préjugés de l'éducation », à mesure que les Locke, les Mandeville, les Fréret, bientôt les Helvetius, s'ingénient, à la suite de Montaigne, à dissoudre dans leurs analyses les principes, en apparence, les plus solides de la morale universelle, et que les psychologues du sensualisme, en reléguant parmi les chimères désuètes le système des idées innées, semblent enlever à la loi morale son privilège transcendant ^ — les défenseurs de la conscience sont de plus en plus tentés de la soustraire aux enquêtes positives, et d'en faire une espèce de « faculté à part dans l'âme », comme un sens intime dont la sûreté est infaillible^. Marie Huber se refuse à définir la conscience, et « se contente de la connaître par le sentiment et l'expérience qu'elle en a* ». Murait rélève à la dignité d'instinct divin : c'est, dit-il, « une parole intérieure, qui a tout le caractère d'une voix divine^ ». Burlamaqui, moins mystique, la considère aussi comme un instinct, mais un « instinct moral, qui discerne tout d'un coup, en certains cas, le bien et le mal moral, par une sorte de sensation et par goût, indépendamment (le la réflexion^ ». Hutcheson, sans essayer de sauver les <( idées innées », écrit tout un livre pour « montrer que nous n'avons pas seulement la faculté de sentir ce qui frappe nos yeux ou nos oreilles,... mais aussi un sens s|)irituel et moral par le moyen duquel nous distinguons la vertu du vice ». Dans ce sentiment intérieur, il entre jo ne sais quel goût esthétique, dont le plaisir même est une

1. Vernet, Instruction chrétienne [292], I, 4t. Cf., dans mon édition de la Profession [47], 237-241, note 2, tous les textes que j"ai cités.

2. Cf. Profession de foi [47], 257, 259, 269, et les textes cités en note.

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