Esprit des lois, XXIV, 2 [268], V
.3. Ami des hommes [2Q1], II, 104-163, 179-180, 33y-34U; cf. encore le spectateur [l'.l9], III, 83, Année littéraire, 1755 [59 B], I, 190-194, etc.
faire mal soi-même ' » ; Addison avait rappelé que <( les hommes les plus sages et les plus habiles de tous les siècles ont toujours suivi le culte public reçu dans leur pays, lorsqu'il n'avait rien d'opposé à l'honneur de l'Être infini ou de préjudiciable aux intérêts du genre humain ^ » ; des esprits aussi libres, ou aussi détachés de toute croyance confessionnelle, que Toussaint et le marquis de Lassay se faisaient une règle de « se soumettre, quant à l'extérieur, à la religion de leurs pères », et de l'observer « comme une loi du pays et même la première ^ ».
Nécessaire à la société civile, la religion l'est davantage encore dans la vie des individus. C'est là surtout que « ceux qui savent se bien aimer eux-mêmes », ceux qui ont souci de leur « probité », de leur « santé », de leur « repos », n'hésitent poiiil '; c'est là que les « désolantes doctrines » des soi-disant interprètes de la nature ^ paraissent incapables de rendre l'homme heureux. Celui qui cherche le bonheur, ira-t-il le demander à ces philosophes athées, « qui n'ont rien- d'assuré dans les principes, rien de consolant dans la morale, point de règle pour le présent, point d'objet pour l'avenir?... Avec de tels guides, vainement courons-nous après le bonheur; il ne nous reste que de l'inquiétude, de l'agitation et qu'un vide immense, qui s'agrandit toujours devant nos désirs ». J'emprunte cette citation à un éloge de Maupertuis par le poète Lefranc de Pompignan ". Nul exemple ne saurait être plus pertinent : Maupertuis avait vécu pour la science, et paru un instant se rallier à la (( philosophie ». Ses conjectures « sur la formation des corps organisés » avaient stimulé
1. Profession de foi [47], 429, 439-441, et les textes cités au.\ notes.