‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 212 sur 241 · Profession de foi · texte numérisé non relu

Profession de foi

toujours chers aux cœurs sensibles ' »! Mais on faisait plus que d'absoudre la religion au nom du « cœur », on lui rendait grâces au nom du « génie )>. « On calomnie la religion, écrivait Lefranc de Pompignan, quand on prétend quelle amortit le feu du génie, qu'elle émousse la pointe de l'esprit, enchaîne l'imagination ». C'est précisément le contraire qu'il faudrait dire. « Cette même dévotion, qui convient, et doit convenir, aux personnes les plus simples, est également faite pour les plus sublimes intelligences. Loin de les rebuter par sa prétendue bassesse, elle ne leur présente que des idées nobles, grandes et majestueuses -». On s'en rend déjà compte par quelques chefs-d'œuvre du siècle précédent, où la religion a su donner à l'esprit français sa plénitude de grâce et de force. On le verrait mieux encore, si les grands talents savaient s'attaquer aux grands sujets que la religion nous propose^. C'est ce que sentent plus ou moins confusément tant de poètes de bonne volonté, qui écrivent dans le Mercure des cantates pieuses et des paraphrases de psaumes : ils se dirigent vers la religion comme vers une source de beauté, sachant bien qu'auprès d'elle ce ne sont pas seulement « les mœurs qui trouvent leur avantage », mais aussi « le génie '' ». Ce qu'il y a de meilleur dans la civilisation, disait Berkeley, nous vient du christianisme. En tous cas, ses livres sacrés nous initient à une beauté dont aucune littérature n'offre l'écjuivalent \ Homère, lui-même, et son sublime, pâlit à côté de la Bible ". On sent, en la lisant, comme dit le P. Berruyer, que « Dieu, s'il est permis de parler de la sorte, a aussi son style et sa méthode, qu'il n'appartient pas aux hommes de copier ». Cet apologiste

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