‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 213 sur 241 · Id · texte numérisé non relu

Id

4. Mercure, de novembre 1733, à propos du Passage de la mer rouge, cantate, par .M. l'abbé S*** [48], 231H-2393.

5. Alcipkron, V, 26, VI, 0, 7 [237], I, 344, II, 21-22, 2'.).

0. Cf. Le spectateur [I<J9], II, 223; cf. encore V, 28!), VI, 309.

très moderne invile tous les amis du beau à ne pas refuser une religion qui se recommande par de telles beautés. Lui refuser sa foi, s'écrie-t-il, serait une « faute de goût et de discernement ». « Pour moi, je ne crains point de vous annoncer nos Écritures comme le tableau d'un grand maître, en possession depuis bien des siècles de l'admiration de tous ceux des connaisseurs qui n'en ont point redouté les conséquences ^ ». Jean-Jacques ne sera pas le premier que « la ntiajesté des Écritures étonnera » et qui se laissera émouvoir par la « beauté de l'Évangile - ».

Ainsi, pour celui qui sait « sentir » la religion, elle apparaît comme une dispensatrice de félicités, où le cœur, l'esprit, le goût, toute l'âme, trouvent leurs jouissances. Qu'importent, dès lors, les difficnlh'-s du dogme! « Si je veux m'instruire sur la nature de Dieu, disait encore Maupertuis, sur ma propre nature, sur l'origine du monde, sur sa fin, ma raison est confondue, et toutes les sectes me laissent dans la môme obscurité. Dans cette égalité de ténèbres, dans cette nuit profonde, si je rencontre le système qui est le seul qui puisse remplir le désir que j'ai d'être heureux, ne dois-je pas à cela le reconnaître pour véritable? Ne dois-je pas croire que celui qui me conduit au bonheur est celui qui ne saurait me tromper...? Tout ce qu'il faut faire dans cette vie pour y trouver le plus grand bonheur dont notre nature soit capable, est, sans doute, cela même qui doit nous conduire au bonheur éternel-^ ».

L'argument paraîtra grossier; mais, s'il se spiritualise, si l'on promet aux âmes qu'elles trouveront dans la religion, non pas tant, comme l'assurait Claville, « la santé », le (( repos », et je ne sais quel confort bourgeois, que des plaisirs plus hauts et plus intimes, — toutes ces promesses un peu déplaisantes se réduiront, somme toute, à une apologétique du cœur. Il semblerait, du moins, qu'en se

1. Histoire du peuple de Dieu, préface [282], I, p. ccxv et Liv.

2. Cf. Profession de foi [47], 399-401, et les textes cités à la note 4.

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