‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 218 sur 241 · Les mœurs, il, u · texte numérisé non relu

Les mœurs, il, u

3. Basiliade, IX [285], II, 103; Code de la nature, III [295], 153-154 : cf. Profession de foi [47], 215-217 et notes, et mes remarques sur Bousseaa et Morelly [621].

4. C'est, comme on sait, le titre sommaire et symbolique sous lecjuel a été désigné un petit traité do Locke [178].

5. Histoire du peuple de Dieu [282], 1, p. eux et suiv. ; cf. L.Capéran. Le problème du salut des infidèles [613], 386-394.

plus haute, dans la maison commune où il reste tant de demeures pour ceux qui ne sont pas les élus'. C'est que, dans les milieux protestants, les répugnances commençaient à ne plus se dissimuler contre un a dogme cruel «. Non seulement une émancipée comme Marie Iluber avait repoussé « l'idée d'une vengeance sans bornes sur des créatures bornées », et avait préféré recourir au purgatoire catholique, i)lutôt que de scandaliser sa raison - ; mais un chrétien aussi solide que « le grand Haller », celui-là même qui défendra l'orthodoxie contre les nouveautés de Jean-Jacques, n'avait pas craint, dans son poème sur l'origine du mal, d'invoquer un Dieu clément, et de lui confier le bel espoir dont il se berçait : « Peut-être, pensait-il, qu'enfin satisfait de notre tardive repentance, Dieu nous retirera tous vers lui, pour être tout en tous^ ». Le corps même des ministres était travaillé par ces inquiétudes. A Neuchâtel, au moment où Rousseau rédigeait sa Profession, le pasteur Petitpierre partageait la ville en deux camps : pour ou contre l'éternité de Fenfer; et la jeunesse était du côté des négateurs '^

Un autre problème rationnel, que tout examen du christianisme . ne pouvait plus désormais éluder, c'était le problème historique. Les recherches de l'érudition et de la science avaient élargi leur domaine, s'étaient multipliées, précisées, et, peu à peu, laïcisées. Elles avaient fait rentrer <c l'histoire sainte » dans le cadre de l'histoire générale. L'histoire de la terre, celle des espèces animales, celle de la primitive humanité, celle aussi de la Chine ou de lÉgypte, en reculant dans un lointain inattendu l'apparition de la vie sur le globe et les origines de la civilisation, insinuaient la défiance contre les récits de la Genèse. On se refusait à considérer plus longtemps les textes sur lesquels reposent Thistoire du peuple d'Israël

1. Essai sur la nécessité de la révclalion [289], II, 204-29G, .302-31.').

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