Cf. Profession de foi [47], 399 et note i
leurs yeux leur no montrent pas? Rien ne serait plus injuste.... Tout ce que je suis en droit de leur demander, c'est de suspendre leur jugement sur les choses qu'ils ne connaissent pas; et c'est ce qu'ils ne peuvent me refuser ' ». Ainsi, dans ce christianisme où l'àme se fait juge de la vérité au nom de ses désirs, de ses besoins, et aussi des répugnances invincibles de sa raison, c'est la conscience qui reste souverain juge, et c'est à sa bonne foi qu'appartient le dernier mot. Vidé peu à peu rie son contenu intellectuel et dogmatique, ce cliiisl iimimne ne retient plus guère que ce qui trouve dans la conscience une approbation et une garantie : la règle des devoirs et la foi en, l'immortalité; en d'autres termes, c'est un christianisme qui a cessé d'être une théologie, pour se réduire à une morale.
. Cette transformation, qui est surtout, suivant la remarque de Barbeyrac % l'œuvre « des laïques et des simples gens de lettres », n'est pourtant pas désavouée par des docteurs qui se flattent d'être des chrétiens authentiques, ni même par des prêtres. 11 n'y a, disait Leclerc, que deux choses absolument nécessaires dans la religion : connaître le souverain bonheur auquel nous aspirons, et savoir comment y parvenir. « Cela étant l'unique but de la religion, on a sujet d'être satisfait d'elle, si elle nous apprend ces deux choses, et l'on n'en doit pas demander davantage, [lourvu qu'elle nous fournisse là-dessus des lumières assez claires pour les faire connaître à tout le monde 3 ». En dehors de ces dogmes, il n'y en pas d'autres nécessaires au salut. 11 n'y en a même pas d'autres dans le christianisme, assurait un archevêque anglican, que Clarke citait avec grand éloge * : « Vous ne trouverez, disait-il, dans la
1. BelUjion essentielle [242J, I, 81-S2; cf. encore 140-147 III 148- 155, IV, 116, etc.