‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 221 sur 241 · Sentiments de quelques théologiens, III · texte numérisé non relu

Sentiments de quelques théologiens, III

4. Le D' Sharp, archevêque d'York, dans un sermon prononcé devant la reine en 1794 : cf. Clarke [216], III, 122-123.

La religion de J. J. Rousseau. — I. 17

religion, aucun dogme qui tende à flatter la vaine curiosité de l'homme et à l'amuser par des spéculations subtiles et infructueuses... Ses dogmes ont une liaison intime et un rapport immédiat avec la pratique ». On a vu que l'abbé de Saint-Pierre pensait de même, et plus radicalement encore, lui qui considérait la suppression de la théologie comme le premier devoir évangélique. Son Agaton avait trouvé une recette « pour faire cesser les dis|)utes Ihéologiques « : c'était de <( n'en point parler, d'empêcher d'en parler, et d'occuper les esprits à des sujets inconq)arablement plus importants au salut et à la tranquillité de la société* ». Mais nulle part peut-être cette espèce d'abdication de la théologie n'a été proclamée plus formellement et plus consciemment que dans un discours du Spectateur. Addison y étudie les rapports de la morale et de la foi; et la définition qu'il propose de ces <i deux chefs généraux sous lesquels on peut considérer la religion » me paraît déjà, à elle seule, significative. (< Par les choses que nous devons croire, dit-il, j'entends tout ce qui est révélé dans la sainte Écriture et que les seules lumières de la raison ne pourraient nous découvrir; par les choses que nous devons pratiquer, je veux dire tous ces devoirs que la raison ou la religion naturelle nous prescrivent. Je donnerai le nom de foi aux premières et celui de morale aux autres -. Suit un long parallèle, qui se développe tout au profit de la morale, et qui s'appuie sur des considérations strictement utilitaires. Quelques-unes suffisent à donner le ton de cet exposé : « La morale, dit Addison, l'emporte sur la foi, parce qu'on peut être en état de faire plus de bien et de se rendre plus utile au monde par la morale sans la foi que par la foi sans la morale; parce que la morale donne une plus grande perfection à la nature humaine, en ce qu'elle tranquillise l'esprit, qu'elle calme les passions et avance le bonheur de chacun en particulier; parce que la foi semble tirer sa principale, si ce n'est même

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